Sept autobus scolaire au quotidien

Les DPJ ont traité 118 316 signalements en 2020, soit 324 cas par jour ou l’équivalent de sept autobus scolaires. Ces signalements ont été faits par des intervenants de différents milieux. Dans le milieu scolaire par des enseignants, des directions d’écoles ou encore des spécialistes, ergothérapeutes, infirmières, etc. Ou encore par des intervenants de services d’urgence, ambulanciers, policiers, médecins. C’est donc dire qu’il y a chaque jour, sur le territoire du Québec, 324 enfants qui vivent des difficultés suffisamment graves pour que des intervenants du milieu lancent un cri d`alerte en direction de la DPJ afin qu’elle puisse intervenir. Rappelons que les événements tragiques ayant conduit au décès d’une fillette de Granby, victime de mauvais traitements, avaient amené le gouvernement à créer la commission d’enquête Laurent pour faire la lumière sur la situation générale qui prévaut dans les DPJ du Québec. La commission présidée par madame Régine Laurent a fait un grand nombre de recommandations au gouvernement, notamment en matière d’imputabilité et de leadership afin d’éviter que des cas passent sous le radar comme la tragédie de Granby.

Mais outre la lourdeur bureaucratique qui caractérise trop souvent les agences gouvernementales chargées de voir au bien-être des enfants, comment expliquer des chiffres pareils? Parmi les pistes vers la compréhension du phénomène, la situation socio-économique familiale revient souvent en tête de liste. Évidemment, la pauvreté. Si elle n’est pas l’élément déclencheur de cette spirale de misère, elle ne constitue jamais un ingrédient de choix pour concocter la recette du bonheur.

En moyenne depuis 2015-16, le nombre de signalements est en hausse de 15 %. Pire encore, pour la période s’étendant de 2007 à 2016, le nombre de signalements jugés fondés pour 1 000 enfants de 0 à 5 ans oscille entre 11,3 % et 14,4 %.

Il ne faut pas être devin pour constater que la situation de la maltraitance à l’égard des enfants au Québec a atteint le niveau d’une catastrophe nationale. Ne l’oublions pas, ces enfants qui seront les adultes de demain, comment se fera leur passage à la vie adulte? Disposeront-ils des outils nécessaires pour affronter la vie? Ce sera la vie ou la jungle?

Dans une autre sphère, nous apprenions récemment la découverte des restes de 215 enfants, enterrés sur le site d’un ancien pensionnat autochtone à Kamloops en Colombie-Britannique, la maltraitance remonte loin. Selon des chercheurs, de 1831 à 1996, on estime à 6 000 le nombre d’enfants autochtones décédés dans les pensionnats à la suite de mauvais traitements.

Si nos enfants représentent l’espoir que nous plaçons dans l’avenir alors il est grand temps de redéfinir le mot espoir. Le bien-être des enfants nous concerne tous directement.

« Rappelons-nous, nous appartenons à une collectivité : nous avons tous le devoir de mettre en place des structures pour que cette situation cesse, maintenant. N’oublions pas, le village, c’est nous ».

Julie Philipon, auteure, blogueuse et conférencière

Source : Observatoire des tout-petits, DPJ nationale.

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À propos de l'auteur : Pierre Lachaine

Je suis un marin et un historien dans l'âme. Montréalais d'origine, j'ai vécu le Montréal communautaire des petits quartiers tissés serrés et solidifiés à l'huile de Saint-Joseph. J''aime bien les voyages dans le temps, les retours dans le passé, les introspections au présent et les projections dans le futur. Voilà ce que je vous propose bien humblement, partager avec vous mes réflexions, mes espoirs et mes coups de cœur sur l'ensemble des activités humaines dans la spirale temporelle. Pierre Lachaine
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