Budgétez-vous?

Photo : Fabian Blank sur Unsplash (ɔ)

Faire un budget, payer ses dettes et commencer à épargner figurent parmi les résolutions de début d’année les plus populaires – est-ce la vôtre? Et peu importe quelle résolution vous avez prise pour 2022, où en êtes-vous dans sa mise en action?

La science, guère réjouissante, nous indique qu’une fois la mi-janvier passée, la plupart d’entre nous sommes dans l’abandon de nos bonnes résolutions plutôt que dans leur réalisation. Le 17 janvier est même consacré à cette réalité avec le « Ditch Resolutions Day » (Journée pour fossoyer ses résolutions), l’occasion soi-disant de relâcher ses attentes envers soi-même et de se déculpabiliser d’être incapable d’apporter des changements dans notre vie.

Mais en sommes-nous vraiment incapables? Pas du tout : la volonté humaine a certes ses failles, d’où l’importance d’effectivement ne pas se culpabiliser inutilement, mais elle a aussi de grandes forces, d’où l’importance de bien se connaitre pour mieux y faire appel.

« Une vraie bonne résolution n’est pas choisie en fonction de votre niveau de culpabilité ou de la honte ressentie, elle est plutôt choisie dans le but d’augmenter votre niveau de bonheur. »1 Or, les résolutions sont souvent formulées suivant des constats négatifs («Je ne suis pas à mon affaire!») ou une exigence arbitraire qu’on se fixe («Je devrais faire ceci, cela…»).

Nos petites défaite

Revenons au budget. La plupart des gens perçoivent le budget comme un exercice de restriction des dépenses, particulièrement celles qui sont associées au plaisir (resto, sorties, loisirs, consommation, etc). Faire un budget peut être vu comme quelque chose de pénible, demandant qu’on y mette un minimum de temps et de discipline. Travailler avec les chiffres peut donner le vertige et nous faire sentir peu compétent·e, ce qui mine notre motivation.

Certain·es penseront qu’ils n’ont pas assez d’argent à budgéter, tandis que d’autres estiment qu’ils ont suffisamment d’argent pour vivre sans budget. Dans tous les cas, peu importe combien pèse son compte en banque, le déni est souvent plus confortable à court-terme que de faire face à sa situation.

Voilà plusieurs pensées-obstacles qu’il faut contourner.

Des portes qui s’ouvrent

Que veut-on dans la vie, sinon être heureux et heureuses? C’est l’angle sous lequel nous devrions aborder toute résolution : en mettant l’accent sur les retombées positives de sa réalisation. Viser strictement une action ou un comportement, surtout s’il est déplaisant, n’apporte pas de motivation. Soyons honnêtes : qui veut vraiment faire un budget?

Mais qui veut avoir du contrôle sur sa vie? être confortable avec ses décisions économiques? réaliser librement ses petits et grands projets? gâter ses proches? se sentir en sécurité pour l’avenir? Ah HA!

Remarquez-vous comme moi comment le budget n’est pas une finalité, mais un outil de bien-être?

La mise en action

On comprend que de se dire « En 2022 je veux faire mon budget » n’a rien de bien sexy pour le cerveau. « Je veux le contrôle de mes finances » offre une meilleure perspective, orientée vers notre pouvoir d’agir. Mais est-ce motivant? Pas vraiment, puisque ce n’est pas très concret.

Pour le commun des mortel·le·s il est préférable de décortiquer en plusieurs étapes simples des tâches en apparence pharaonesques : des étapes réalistes, à notre portée, qu’on peut faire à un moment précis, puis qu’on peut cocher lorsqu’elles sont faites.

Par exemple :

  • faire la liste de ce qui me motive à faire un budget
  • rechercher « faire un budget » et me renseigner sur la manière de faire
  • commencer à garder et rassembler mes factures courantes
  • trouver l’outil qui me convient (crayon-cahier, modèle à imprimer, chiffrier numérique, plateforme Web, application…) et m’y familiariser
  • et cetera

La satisfaction de réaliser une étape nous motive pour la suivante. La montagne n’a pas à être escaladée toute d’un coup, à chacun·e son rythme… mais n’abandonnons pas d’avancer!

De bonnes ressources

Lorsque faire un premier pas est ardu, lorsqu’on a trop de questions, ou s’il est devenu urgent de faire son budget en réaction à une situation difficile, se faire accompagner peut être une excellente idée. Les ACEF sont des organismes communautaires dont la mission est d’épauler la population dans sa gestion des finances personnelles, notamment en offrant des consultations budgétaires individuelles, gratuites et confidentielles. Notre région en compte trois : l’ACEF du Grand-Portage, l’ACEF Rimouski-Neigette et Mitis, et l’ACEF de la Péninsule. N’hésitez surtout pas à faire appel à leurs services!

Avec leur expertise, les ACEF ont aussi créé un grand nombre d’outils pour faciliter la tenue d’un budget de manière autonome : par exemple budgetenligne.net est une plateforme pour le grand public et be-budgetetudiant.com est spécialement conçu pour les étudiant·es. Le site de chaque ACEF regorge de fichiers clefs en main à utiliser sur son ordinateur ou à imprimer, ces modèles facilitent grandement l’exercice budgétaire.

Il n’est pas trop tard pour prendre de bonnes résolutions, ou les reprendre si déjà on les avait délaissées. Bonne année, santé et prospérité 😉


Lectures complémentaires à ce billet

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À propos de l'auteur : Félix Gingras Genest

Intervenant en défense des droits à l'ACEF du Grand-Portage
Cet article a été publié sous le thème Économie, Santé et mieux-être.
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