Les jeux sont faits, rien ne va plus…

Une campagne de fin d’été qui nous laissera un goût amer pour ne pas dire la gueule sûre pour un bout de temps. Il devrait toujours y avoir un certain suspense durant une campagne, un niveau de stress qui suit les candidats et qui les mène parfois à commettre des impairs. Cette fois, la réélection de la CAQ c’était du tout cuit. Suivez la recette et puis mettez au four et le résultat est garanti. Ouin, comme un plat surgelé.

Tous les partis disposent d’un système de pointage à l’interne relativement fiable leur permettant, généralement, de prédire les résultats comté par comté. Alors, impossible d’imaginer que l’écrasante majorité obtenue par le gouvernement sortant n’était pas dans les cartons des autres partis. Leurs comportements dans leurs gestes comme dans leurs langages étaient cousus de fil blanc. D’abord, le PLQ et Dominique Anglade. Elle a fait une campagne tout en sourire.  Le PLQ, le parti des régions… Elle a passé aux Îles-de-la-Madeleine et dans Ungava. Comme le dit le vieil adage :

« ce n’est pas parce qu’on répète une fausseté que cela en fait une vérité ». Madame Anglade se retrouve donc le lundi soir avec des résultats qui cantonnent son parti sur l’Île de Montréal et plus encore dans des comtés presqu’exclusivement anglophones et allophones. Malgré cela, elle est tout sourire comme si la défaite était une source réjouissance. Bien sûr, certains diront qu’elle a sauvé les meubles. Mais il n’y a pas si longtemps, la machine libérale était redoutable et d’une efficacité incomparable pour faire sortir le vote. L’absence de l’épouvantail référendaire dans la boîte à outils libérale est-elle à ce point dommageable?

Gabriel Nadeau-Dubois et les solidaires ont perdu le comté de Rouyn-Noranda-Témiscamingue aux mains de CAQ. Il semble que François Legault ait vu juste en parlant d’un référendum pour statuer sur l’ouverture ou la fermeture de la fonderie Horne. Entre des emplois payants et l’arsenic, les gens ont choisi de conserver les emplois. Le chèque de paie est plus important que l’air que l’on respire. Le diktat de l’économie nous amène parfois vers des sentiers sombres et lugubres. L’impôt sur les fortunes fut bien mal expliqué et le co-porte-parole des solidaires a paru déstabilisé par la suite.

Le parti québécois jouait sa survie et le nouveau chef sa carrière politique. Heureusement pour lui, la candidate solidaire a commis un impair et a dû retirer sa candidature. Monsieur Saint-Pierre-Plamondon a néanmoins connu une excellente campagne. Sa position sur la ligne de départ était tout sauf du tout cuit.

Le PCQ d’Éric Duhaime a connu une croissance fulgurante de son membership, du jamais vu dans l’histoire politique du Québec. Malgré cela, il n’y aura aucun représentant du parti à l’Assemblée nationale. Malheureusement, ce parti aura de la difficulté à se défaire de l’étiquette anti-vaccins et anti-mesures sanitaires qui semble résolument être sa marque de commerce. Les libertés individuelles avant le bien-être collectif, une valeur libertarienne fondamentale.

Nous voilà maintenant arrivés au point central de notre réflexion. Le premier ministre sortant François Legault a mené une campagne brouillonne au cours de laquelle, à plusieurs reprises, il a fait preuve d’impatience allant même jusqu’à afficher un comportement bougon pour ne pas dire bourru. Cette manière de faire était celle d’un homme qui savait non seulement que la victoire était à portée mais qu’elle serait éclatante. Certains critiques lui ont déjà reproché sa ressemblance avec Maurice Duplessis et, le pire sans doute, est que loin de s’en offusquer, il semble très à l’aise avec ce rapprochement. Nous avons effleuré le sujet dans une chronique précédente, le génie politique de monsieur Legault aura été, à peu de choses près, d’avoir recréé l’Union nationale.

Malheureusement pour nous, cette campagne demeurera dans les anales un bien piètre exercice démocratique. Il semble que les libéraux ne soient pas disposés à accorder le titre de partis officiels aux députés solidaires et péquistes à l’Assemblée nationale, ce qui les priveraient d’importants budgets de recherches et de fonctionnement sans parler du temps de parole. Faut-il y voir un esprit revanchard de la part des libéraux?  À n’en pas douter ceux-ci considèrent les solidaires comme l’ennemi à abattre.

À propos de la division de l’opposition, prendre note de ne pas les inviter au même party du temps des fêtes…

À suivre…



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À propos de l'auteur : Pierre Lachaine

Je suis un marin et un historien dans l'âme. Montréalais d'origine, j'ai vécu le Montréal communautaire des petits quartiers tissés serrés et solidifiés à l'huile de Saint-Joseph. J''aime bien les voyages dans le temps, les retours dans le passé, les introspections au présent et les projections dans le futur. Voilà ce que je vous propose bien humblement, partager avec vous mes réflexions, mes espoirs et mes coups de cœur sur l'ensemble des activités humaines dans la spirale temporelle. Pierre Lachaine
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