Y a pas de honte!

Autrefois répandu, le porte-à-porte est un peu moins au goût du jour. Les colporteurs courent encore les rues, mais la vente itinérante a su se réinventer et mise dorénavant sur la technologie pour mieux nous rejoindre : plutôt que de cogner à notre porte, elle surgit sur nos écrans. Le plus souvent, c’est par une publicité qui nous accroche, par exemple en offrant de se déplacer à notre domicile pour une évaluation gratuite, ou par l’inscription à un supposé concours. Il peut s’agir d’une multitude de produits et services, dont certains classiques : thermopompes, assainissement de l’air, travaux de toiture…

La vente itinérante n’est pas un modèle commercial à condamner complètement, puisque plusieurs commerçants honnêtes l’utilisent pour rejoindre d’éventuel·les client·es. Sauf que la vente itinérante a la particularité de rendre le public vulnérable : on nous fait une offre commerciale surprise, non sollicitée, alors qu’on n’y est pas préparé·e, « la tête dans nos affaires » comme on dit. Et ça, les vendeurs itinérants charlatans le savent!

On risque alors de signer un contrat pour des biens et services dont on n’a pas de besoin, de mauvaise qualité, trop chers, sans connaître la réputation du fournisseur, sans savoir s’il répondra présent en cas de problème, etc.

Pas de honte à mettre son pied à terre

Quand on se rend compte qu’on a devant nous quelqu’un qui veut nous vendre quelque chose ou nous faire signer un engagement, il n’y a aucun mal à imposer son rythme : demander du temps pour réfléchir à l’offre et lire le contrat à tête reposée, obtenir un deuxième avis ou magasiner pour comparer les prix. Peut-être voudrez-vous vérifier la réputation de l’entreprise ou du produit qui est proposé, ou encore valider les permis que la personne est censée détenir (licence de la Régie du bâtiment, permis de l’Office de la protection du consommateur, etc). N’ayez pas peur de poser des questions, que tout soit clair pour vous au-delà du discours marketing qu’on vous fait. Si l’autre personne vous presse et vous met de la pression pour signer, vous pouvez dire « tant pis! » : après tout, ce n’est pas vous qui avez demandé à vous faire vendre quelque chose! Et si la personne ne respecte pas vos limites, vous pouvez lui demander de quitter et de ne plus vous déranger.

Pas de honte à se faire avoir

Mais parfois on baisse la garde et on regrette le cours des événements. On saute sur une occasion, on accepte une offre, puis avec du recul on s’en veut. Lorsqu’on se rend compte qu’on a mordu à un hameçon, on peut se sentir niaiseux ou niaiseuse, coupable de son propre malheur, honteux ou honteuse de s’être fait avoir. On peut se croire impuissant·e, forcé·e d’aller de l’avant puisqu’on a signé un contrat.

On peut très certainement se sentir seul·e au monde… mais la vérité c’est que ça arrive plus souvent qu’on pense! Je suis certain que tout le monde a son histoire ou, peut-être sans le savoir, connait quelqu’un·e qui a déjà vécu ça. Croire que ça n’arrive qu’à certaines personnes serait de se mettre un doigt dans l’œil!

Tout le monde est à risque, pour la simple et bonne raison que les vendeurs itinérants charlatans savent exploiter nos vulnérabilités : c’est leur travail! Ils ont un discours actuel et le charisme pour nous mettre en confiance, ils promettent des avantages économiques et nous font savoir que cette offre exclusive ne se présentera pas à nouveau. Ou encore, au contraire, certains savent nous rendre mal en augmentant rapidement la pression, en insistant sur des arguments alarmistes et en ne quittant pas tant qu’ils n’auront pas eu votre signature. Ils sont spécialistes pour convaincre, que ce soit par la carotte ou par le bâton.

Pas de honte d’en parler

Quand ça nous arrive, généralement on ne s’y fait pas prendre deux fois : on apprend de notre erreur et on garde une méfiance qui nous protège pour l’avenir. C’est une fois pris dans le piège qu’on comprend la supercherie; certaines personnes décident d’assumer et d’endurer, d’autres apprendrons in extremis différentes notions essentielles pour défendre leurs droits et se tirer d’affaire. Mais quand ça ne nous est jamais arrivé, c’est bien normal d’être inconscient·e de cette réalité, et on demeure à risque d’en être un jour victime!

C’est pourquoi il est essentiel de sortir de la honte et de briser les tabous : il faut parler à ses proches, dénoncer ce dont on a été victime et faire disparaitre les préjugés, parce que les vendeurs itinérants charlatans continueront à courir. Notre meilleure sécurité, c’est de faire connaitre leur modus operandi pour prévenir des préjudices futurs à nos semblables. C’est un acte citoyen qui prend certes du courage et de l’humilité, mais qui permet de regagner collectivement du pouvoir plutôt que de rester seul·e avec cette expérience amère.

Pas de honte à chercher de l’aide

La Loi sur la protection du consommateur vous donne plusieurs droits et garanties, pour rétablir le rapport de force vis-à-vis des commerçants. Si vous considérez être victime d’un abus en matière de consommation, ne tardez pas à vous renseigner et à faire appel à des ressources qui sauront vous épauler. Appeler l’Office de la protection du consommateur (OPC) ou visiter son site Web est un excellent point de départ pour valider ses droits et la responsabilité du commerçant, et pour le reste à l’ACEF du Grand-Portage nous pouvons vous accompagner individuellement -et gratuitement- dans vos démarches.

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À propos de l'auteur : Félix Gingras Genest

Intervenant en défense des droits à l'ACEF du Grand-Portage
Cet article a été publié sous le thème Économie.
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