À quoi sert donc un ministère de l’environnement?

J’ai vécu quelques mois à Rouyn-Noranda. Je me souviens du festival international du film. Je me souviens des promenades autour du petit lac à côté de l’hôpital. Je me souviens du délicieux chocolat chaud du Gisement, pas très loin au centre-ville. Je me rappelle moins des émanations de la fonderie Horne, aussi située pas très loin de l’hôpital où je travaillais. Il faut dire qu’à l’époque, on en parlait moins.

Comme tout le monde, j’avais entendu des histoires de peinture qui fond sur les voitures les jours de pluie. Mais ça semblait être du passé, des histoires de l’époque où on ne se souciait pas des pluies acides et du trou dans la couche d’ozone. Des problèmes qu’on avait collectivement réglés depuis.

Malheureusement, les récents rapports sur la santé des habitants de la ville et sur le non-respect répétitif des normes par la compagnie ont démontré que ces comportements passéistes ont toujours cours aujourd’hui. Et que le gouvernement est complice, autant pour cacher les données aux yeux du public que pour autoriser les dépassements sans rien dire. Lorsque certaines environnementalistes disent que nous avons deux Ministères des Ressources Naturelles au Québec, c’est à ce genre de choses qu’ils-elles font référence…

90 entreprises, dont la fonderie Horne, ont obtenu la permission de dépasser les normes. Bien sûr, on comprend qu’il faut parfois du temps pour trouver des solutions et les appliquer. On comprend aussi qu’on puisse accidentellement dépasser un peu. Sauf qu’ici, Horne a dépassé de 33 fois la norme…

Bien sûr, on ne connaissait pas les effets des métaux lourds dans l’air sur les populations au moment de l’installation de l’usine. La ville était aussi bâtie différemment. Sauf que, justement, ça fait 95 ans. On aurait dû réévaluer les choses. On ne fait plus de tuyaux en plomb. On n’isole plus les maisons à l’amiante. On sévit via la CNESST pour éviter la silicose chez les travailleurs. C’est supposer être ça, le travail du Ministère de l’Environnement ou de la Santé publique. Collecter des données, fixer objectivement les normes à ne pas dépasser et les faire respecter. On devrait être en mesure d’exiger des modifications des usines et des mines, surtout lorsqu’elles sont situées en plein milieu des villes !

Heureusement, la députée de Québec solidaire, Émilise Lessard-Therrien, a fait du dossier l’un de ses chevaux de bataille. Difficile pour le gouvernement (pas juste la CAQ, les autres partis aussi pris une décision similaire à leur époque) de nier l’existence d’une crise de santé publique.

Quant au fédéral, ce n’est techniquement pas dans leur juridiction, mais les données ont été demandées à la fonderie et des actions pourraient être prises. M. Guilbeault a toutefois la réputation de trop négocier avec les compagnies (même lorsqu’il œuvrait pour Équiterre) et sa gestion du dossier Bay du Nord et celui du respect des normes de GES par les entreprises laissent aussi à désirer…

En 2017, la CAQ a promis un registre des exemptions environnementales accordées aux entreprises. Il est plus que temps de faire preuve de plus de transparence et mettre nos culottes face à l’industrie. Il n’est pas normal que le centre régional des prématurées ait aussi l’un des plus hauts taux de prématurité en province à cause de grandes cheminées qu’on n’ose pas contrôler.

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Sur une autre note, je vous invite à surveille les détails pour la Grande manifestation pour la justice climatique le 23 septembre. Pour l’instant, la marche la plus proche sera à Québec. https://www.facebook.com/events/3244239389229781/?acontext=%7B%22event_action_history%22%3A[%7B%22mechanism%22%3A%22search_results%22%2C%22surface%22%3A%22search%22%7D]%2C%22ref_notif_type%22%3Anull%7D

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À propos de l'auteur : Geneviève Malenfant

Je suis originaire de l’Abitibi et j’ai fais mes études à Montréal. J’habite Rivière-du-Loup depuis presque 5 ans. Je travaille comme audiologiste (je fais des tests d’audition). Je m’implique auprès des Pétroliques anonymes, un organisme qui lutte conte la dépendance au pétrole, parce que je crois fermement que la meilleure façon de faire faire au plus grand défi de notre ère, c’est ensemble. Je tiens une chronique de littérature jeunesse dans la Rumeur du Loup parce qu’aimer lire, c’est savoir trouver le bon livre, et qu’aimer lire permet d’ouvrir toutes les portes de la vie. Je participe régulièrement au Cabaret Kérouac et j’assiste à de multiples événements culturels parce que la culture, c’est la vie à son meilleur! Je vais donc vous entretenir en vrac des sujets qui me tiennent à cœur: la protection de l’environnement, la promotion de la santé, la culture sous toutes ses formes, l’implication citoyenne, le féministe, etc. Au plaisir de jaser avec vous!
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