2 balados, 2 sujets chauds (et une note pas rapport)

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Des pistes de solutions à la crise du logement

Avant de commencer, si vous êtes locataire à Rivière-du-Loup et souhaitez en apprendre plus sur vos droits, une séance d’information aura lieu le 25 mai. Détails dans les références en bas du texte.

Il devient de plus en plus difficile de nier l’existence d’une crise du logement au Québec. Même si la situation semble pire ailleurs au Canada, il est clair que la plupart des régions peinent à loger adéquatement leurs citoyens.

Je ne ferais pas ici le résumé complet des deux balados (et autre extrait et article) que j’ai écouté, ce serait trop long et hors de ma compétence. Je vais simplement souligner certains points avant de vous inviter à les écouter vous-mêmes. Les liens sont en bas du texte.

 Nous assistons ici à un combat entre deux droits : celui, essentiel, du droit au logement et celui, important, mais non essentiel, du droit à la propriété (et à l’investissement si ça existe). Tant et aussi longtemps que le parc locatif est assez grand et que les maisons à vendre sont assez nombreuses, le désir d’investissement de certains ne dérange pas trop l’ensemble de la population. Malheureusement, ce n’est plus le cas.

Les logements et les maisons abordables (ou tout bonnement disponibles dans certains secteurs) se font de plus en plus rares. Il semblerait que la situation s’explique par une combinaison de facteurs. Certains éléments étaient déjà présents avant la pandémie. D’autres sont plus récents. Mais moins il y a de logements abordables, plus de gens se trouvent dans des situations qui mettent leur qualité de vie, voire leur sécurité, en danger. Après tout, le logement est une dépense non compressible (impossible à modifier ou à reporter).

Selon l’IRIS, il faut des mesures pour conserver le parc locatif abordable et limiter le droit à la spéculation et aux hausses de prix. Il ne s’agit pas d’attaquer les propriétaires, mais juste de reconnaître que certaines pratiques ont un impact considérable sur les locataires.

Ces pratiques incluent (mais ne sont pas limitées à) les hausses :

– des « rénovictions » (mettre les locataires dehors pour faire des rénovations et hausser le prix) ;

– des « touristevictions » (phénomène en Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine où les locaux n’ont accès à des logements qu’en dehors de la période touristique et se retrouvent à la rue en été, même s’ils sont des emplois)

— des logements locatifs à court terme (ex. : Airbnb)

— des transformations de logements locatifs en copropriété ou condos

De plus, il est de plus en plus difficile d’accéder à la propriété. Les prix ont aussi fortement augmenté. Cela crée une pression supplémentaire sur le locatif, car moins de gens cèdent leur place en achetant une maison.

Certains facteurs expliquent ces difficultés (liste non exhaustive) :

– les bas taux d’intérêt des dernières années

— l’embourgeoisement

— la revente rapide (flip)

— la hausse des matériaux qui réduit le nombre de nouvelles constructions

— l’épargne que certaines personnes ont accumulée pendant la pandémie et redirigée vers l’achat d’une résidence

— les achats « impulsifs » par peur que le marché des maisons deviennent inaccessibles dans le futur

— le vieillissement de la population (la hausse de gens qui quittent leur maison pour plus petit)

— les règles d’accès à la propriété qui favorisent davantage les investisseurs que les gens qui désirent simplement acquérir une résidence principale.

– les investisseurs canadiens (et dans une moindre mesure, étrangers) qui se tournent vers l’immobilier comme valeur sûre dans un marché instable

Le balado de l’IRIS couvre en détail trois solutions possibles : l’habitation abordable à perpétuité (un organisme aide les résidents à accéder à la propriété en aidant avec la mise de fonds. En échange, une partie de la valeur additionnelle à la revente est redonnée à l’organisme), les possibilités d’interventions pour les municipalités (ex : forcer les promoteurs à inclure des logements plus adaptés aux besoins de la communauté dans leur projet ou racheter des terrains réservés pour les logements solidaires) et les avantages et limites des coops d’habitation.

Bien sûr, ces solutions ne sont pas faciles à mettre en application, soit par manque de volonté politique, soit du fait de la complexité de la situation ou en raison des résistances de la population. Certaines solutions sont déjà en application comme les coops d’habitations, les HLM ou les logements réservés à certains groupes marginalisés (ex. : des logements réservés aux étudiants autochtones à Val-d’Or). Certaines règles pour limiter la spéculation ou améliorer l’accès à la propriété ont été ajoutées ou sont à l’étude. Cette discussion est loin d’être terminée. Qu’on le veule ou pas, la situation nous oblige à parler franchement de droit au logement.

Comment les femmes ont contourné les lois antiavortement dans le passé

Avertissement : le balodo contient des éléments graphiques et des histoires difficiles.

Au passage, je vous souligne que bien que le droit à l’avortement au Canada ne semble pas menacé à court terme, des problèmes d’accessibilité demeurent, y compris au Bas-St-Laurent. Les services pour l’Est-du-Québec ne sont fournis que dans les villes principales, forçant les femmes à se déplacer.

Dans ce balado, la journaliste s’entretient avec Carol Downer, une femme ayant participé à créér un mouvement d’autoapprentissage de la santé sexuelle féminine dans les années 60. À l’époque, obtenir un avortement était non seulement illégal, mais aussi compliqué et très dangereux. Plusieurs femmes sont décédées, que ce soit parce que la procédure avait été mal réalisée, parce qu’elles avaient utilisé une méthode « maison » dangereuse, parce qu’elles ont eu des complications inattendues ou parce qu’elles se sont suicidées.

Après avoir vécu une erreur médicale (quoique pas clair si l’homme pratiquant l’avortement était réellement un docteur), Carol s’est présenté à une rencontre organisée par un groupe féministe. Réalisant qu’aucune femme ne savait vraiment ce qui se passe « en bas », elle décida de s’informer. Elle assista éventuellement à des avortements et poses de produits contraceptifs. Elle réalisa alors à quel point la procédure pouvait être simple et sécuritaire lorsque bien faite. Alors qu’elle tentait d’expliquer ses découvertes à un groupe de femmes, elle décida d’utiliser un spéculum sur elle-même pour faire une démonstration. Le mouvement des « spéculum-party » et des « self-helpers » était né.

Dès lors, le groupe aura pour mission d’informer les femmes sur leur santé sexuelle (incluant l’anatomie) et de fournir les soins que l’État refusait de prodiguer. Plusieurs femmes, dont Carol, pratiqueront des avortements illégaux. Elle subira d’ailleurs un procès, mais la cour ne parviendra pas à démontrer sa pratique illégale de la médecine à l’époque.

Carol est encore vivante aujourd’hui. Elle a plusieurs enfants. Elle a éduqué et inspiré de nombreuses femmes. Elle a permis à plusieurs de poursuivre leurs vies. Pourtant, elle a failli mourir parce que l’homme qui a pratiqué son avortement ne savait pas ce qu’il faisait (ou n’a pas voulu admettre qu’il avait fait une erreur).

Le point est que, même si c’est très exigeant physiquement et psychologiquement dans les meilleures circonstances, des femmes seront toujours prêtes à braver les obstacles pour obtenir cette procédure. La question n’est pas si cette procédure doit exister, mais comment la rendre sécuritaire. Et des femmes sans formation officielle comme Carol ont démontré qu’il n’y avait aucune raison de laisser des femmes mourir pour y accéder.

Le point ici n’est évidemment pas que de dire que les médecins sont inutiles. Même si les interventions du groupe étaient plus sécuritaires que plusieurs méthodes souterraines, une clinique spécialisée, bien formée et équipée pour faire face aux rares complications, reste la meilleure solution. Et des groupes comme celui-là ne devraient jamais avoir à être reformés.

Réfences:

Article de Radio-Canada sur le nouveau service à la bibliothèque de Rivière-du-Loup : https://www.infodimanche.com/actualites/culture/461219/de-nouveaux-services-a-la-bibliotheque-francoise-bedard-de-riviere-du-loup?fbclid=IwAR0TWcxehTYni4q2e0sqIZwRprReL2fcjPTMKRk8y8NwLyvX3wjkXqJN42w

Séance d’informations sur le droit au logement : https://www.facebook.com/events/1176299476439508/?ref=newsfeed

Balado de l’IRIS sur les solutions à la crise du logement : https://www.fredsavard.com/balado/episode/la-balado-de-liriscrise-du-logement-et-modeles-alternatifs-dhabitation/119

Version papier du dossier de l’IRIS sur la crise du logement : https://logement-iris-recherche.mailchimpsites.com/

Balado de Fred Savard sur la situation de logement particulière en Gaspésie : https://m.facebook.com/watch/?v=816872072264411&_rdr

Balado de Jeff Filion sur la crise du logement : https://ici.radio-canada.ca/ohdio/balados/6942/gerald-fillion-finance-economie-analyse/623957/immobilier-prix-rare-penurie-marche?fbclid=IwAR0pNH0DPUhTOzXhG9CWIyu-afonUKW1zlemva_D51ZykEassyr3puyQvrM

Article du Mouton Noir sur l’impact des Airbnb en région : https://www.moutonnoir.com/2022/05/quels-sont-les-impacts-dairbnb-en-region-1?fbclid=IwAR0JH858nph6H_rxHWxHSG-OSHSEoot8o9kQ-bkL4tfu3dxNr4VSCamvjdY

Article de Radio-Canada sur l’état de l’accès aux services d’avortement dans l’Est-du-Québec : https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1881239/avortement-jugement-cour-supreme-femmes-etats-unis-cliniques-rimouski-riviere-du-loup-region?partageApp=rcca_appmobile_appinfo_android&fbclid=IwAR2_qB32Vp0eCG1QaXHuNiBlQlRQYsYH45aDZ9aDiy1DySp-6Ocf_Ax_DpI

Balado sur le groupe pro-choix des années 60 (en anglais) : https://podcasts.google.com/feed/aHR0cHM6Ly9mZWVkcy5tZWdhcGhvbmUuZm0vc2NpZW5jZXZz/episode/ZmRlNTAzMDAtNWY3Yi0xMWVjLThhZWQtOTM2MTFhYWQ2ZjQ2?ep=14&fbclid=IwAR3qeLhwB0cZMNQWMq6rzFnVanju2Jd6m21KM4Z8l0oXh8kFoawkTqfSvK0

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À propos de l'auteur : Geneviève Malenfant

Je suis originaire de l’Abitibi et j’ai fais mes études à Montréal. J’habite Rivière-du-Loup depuis presque 5 ans. Je travaille comme audiologiste (je fais des tests d’audition). Je m’implique auprès des Pétroliques anonymes, un organisme qui lutte conte la dépendance au pétrole, parce que je crois fermement que la meilleure façon de faire faire au plus grand défi de notre ère, c’est ensemble. Je tiens une chronique de littérature jeunesse dans la Rumeur du Loup parce qu’aimer lire, c’est savoir trouver le bon livre, et qu’aimer lire permet d’ouvrir toutes les portes de la vie. Je participe régulièrement au Cabaret Kérouac et j’assiste à de multiples événements culturels parce que la culture, c’est la vie à son meilleur! Je vais donc vous entretenir en vrac des sujets qui me tiennent à cœur: la protection de l’environnement, la promotion de la santé, la culture sous toutes ses formes, l’implication citoyenne, le féministe, etc. Au plaisir de jaser avec vous!
Cet article a été publié sous le thème Santé et mieux-être, Sociales et communautaires.
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1 commentaire

  1. avatar Par : Éliane Vincent

    Les secteurs essentiels de l’économie devraient être systématiquement interdits à la spéculation : l’agriculture, l’éducation, la santé, le logement, l’énergie… et certainement d’autres auxquels je ne pense pas.

    Ce qui est désolant, c’est que nous soyons incapables d’autorégulation. L’appât du gain est notre caractéristique la plus méprisable, hélas, et elle est indéracinable.

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