Pendant que

À l’ouest, ça brûle de haut en bas. À l’est, on se noie. Au nord, la glace s’évanouit dans l’eau qui réchauffe et les ours polaires, à court de banquises, s’éprennent de grizzlys égarés. Au sud, rien de nouveau. On se tape dessus, on coupe les arbres et on creuse de plus en plus profond pour trouver plus de minerais pour nos bébelles électroniques. Partout, le vent prend sa course, plus rapide que le cheval qui souffle en tempête (merci, Obélix!) et balaie ses tornades jusque dans les banlieues de chez nous.

Le feu, l’eau, le vent se nourrissent de nos moteurs jusqu’à devenir les maîtres du monde. Ils passent sur nous et nous laissent derrière, pantelants et démolis, nous abandonnant un monde à rebâtir jusqu’à la prochaine fois. Et la prochaine fois revient chaque fois de plus en plus vite, entre les déversements de pétrole et la poussière des volcans.

Et pendant que les îles et les rivages s’effritent sous la mer qui monte, qui monte; pendant que sont pulvérisés les records de chaleur, de pluie et de sécheresse tout à la fois; pendant que les conséquences de nos bêtises commencent à nous retomber sur la tête… pendant ce temps-là, quelques zilliardaires en mal de sensations fortes brûlent des piscines de carburant pour aller pendant dix minutes faire des pirouettes et se lancer des balles de ping-pong à une centaine de kilomètres de hauteur dans un pénis de cinq étages.

C’est amusant, le ping-pong, ça permet de ne pas regarder par le hublot la planète qui brûle.

avatar

À propos de l'auteur : Éliane Vincent

Je viens de la ville. La grande, la mal-aimée : Montréal. J'en garde de fort beaux souvenirs mais c'est au Kamouraska, où la vie m'a fait le bonheur de m'appeler, que j'ai compris les vraies affaires : la vie ensemble, les voisins, le pays, la beauté, le respir. Depuis toute petite, je suis sur la clôture. Jamais dans une gang, jamais dans l'autre, toujours en marge, à essayer de comprendre le pourquoi de tout. Je lis, j'écoute, je regarde et, si vous le permettez, je partagerai avec vous ce que tout m'inspire. On s'asseoira ensemble sur la clôture...
Mot-clés : , , , , .
Ajouter le Permalien à mes signets.
avatar

L'auteur(e) de cet article :

Depuis toute petite, je suis sur la clôture. Jamais dans une gang, jamais dans l'autre, toujours en marge, à essayer de comprendre le pourquoi de tout. Si vous le permettez, je partagerai avec vous ce que tout m'inspire. On s'asseoira ensemble sur la clôture...

Autres articles par le(la) même auteur(e)

3 commentaires

  1. avatar Par : Marie Marchand

    Éliane, ma chère amie, je partage avec mes soeurs tes textes qui me rejoignent à chaque fois.

  2. avatar Par : Ginette Bisanti

    Fiou…la vérité ou bien fait mal, ou bien stimule le pas conscient ou bien fait bon à lire en savourant l’audace de ces personnes qui ont quelque choses d’ intéressant à dire…..et à re-re-répéter pour les nulles.
    Tel fille tel mère, et vice-versa!
    Merci Éliane pour la vérité toute crue!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.