En 2020, je lis un livre québécois par mois

Poursuivant la tradition, je vous présente les résultats de mon défi 1 livre québécois par mois accompagné d’une tonne d’autres suggestions.

Triptyque : J’avais choisi d’attendre la sortie de Désormais, ma demeure de Nicholas Dawson en février. Finalement, il n’était pas disponible à la bibliothèque avant la pandémie et pas non plus en numérique par la suite (je ne suis encore pas retournée physiquement à la bibliothèque). J’avoue que j’ai oublié que je n’avais pas fait ce mois-là par la suite.

Fonfon : Fred sait tout sur la disparition des dinosaures de Frédérick Wolfe et Baptiste Amsallem : un livre illustré pour enfants qui rassemblent plusieurs théories loufoques qui plairont aux grands comme aux petits.

Leméac : Mon choix se pose sur Les sangs d’Audrée Wilhelmy. Il s’agit d’une réécriture efficace du mythe de Barbe-Bleue sous la forme d’un journal où celui qu’on surnomme l’ogre rassemble les écrits de plusieurs des 7 femmes qu’il a croisées dans sa vie. C’est une réflexion sur ce qui se cache derrière la violence et sur le fait qu’une victime n’est pas nécessairement une demoiselle en détresse. Assez cru et troublant. Malgré tout, je l’ai trouvé moins traumatisante que la version théâtre de Barbe-Bleue que j’avais vue enfant à Iniminimagimo (quoique ça a probablement plus à voir avec mon âge qu’avec le livre !).

Quartanier : L’homme blanc de Perrine Leblanc raconte l’histoire d’un jeune homme qui grandit dans un camp stalinien en Sibérie avant de devenir un célèbre clown (qu’on appelle homme blanc, à cause du maquillage typique de ce type d’art circassien). Le récit est assez intéressant et bien écrit. J’ai toutefois préféré le début.

La mèche : Au 5e de MP Boisvert : Coup de cœur inattendu pour ce roman d’amour Queer. Ce livre traite de comment on se créer parfois sa propre famille lorsque la nôtre peine à nous comprendre et à nous accepter. L’histoire débute avec l’arrivée d’Éloi, l’ex d’Alice, qui a besoin d’un hébergement temporaire. J’ai adoré les personnages, mais surtout la structure très réussie. En effet, chaque section enchaîne les points de vue de chacun. e des locataires suivie d’un chapitre final écrit d’un point de vue omniscient et qui permet de raconter l’impact d’Éloi dans la vie de tout le monde.

Mémoire d’encrier : Sans capote ni Kalachnikov de Blaise Ndala. Un roman puissant sur la récupération de la guerre par les artistes et les organisations humanitaires. La thématique est lourde et complexe, mais l’écriture ne l’est pas du tout. Le choix comme narrateur d’un jeune homme ordinaire rend la lecture fluide. Je vous invite à poursuivre la réflexion en écoutant les épisodes de La vie secrète des libraires consacrés à cette œuvre.

La peuplade : Les employés d’Olga Ravn. Je triche un peu, car c’est une autrice danoise. Mais c’est le seul lu à La peuplade cette année que j’ai vraiment aimé. Il s’agit d’un assemblage de témoignages au sujet d’un tragique incident sur un vaisseau spatial. Pas sûre que j’ai compris, mais c’était fascinant quant même.

Cheval d’août : La mort de Roi de Gabrielle Lisa Collard : Grâce à son fidèle chien, Max, jeune femme trentenaire, avait réussi à ne tuer personne. Mais les chiens, même le Roi, ne sont pas éternels.

La courte échelle : Peigner le feu de Jean-Christophe Réhel : j’ai encore un peu de difficulté à lire de la poésie. Par conséquent, une collection jeunesse, c’est parfait pour moi ! J’ai aussi été touchée par le sujet de l’entrée au secondaire et de la difficulté à trouver sa place.

Alire : Abîmes de Jonathan Reynolds est un roman d’horreur autour d’un mystérieux groupe de Heavy Métal et d’un glissement de terrain au Saguenay-Lac-Saint-Jean. J’étais contente d’en apprendre un peu sur ces sujets, mais j’ai encore l’impression d’avoir manqué des bouts de l’histoire. L’entrevue avec l’auteur à un salon du livre m’a intéressée davantage que le roman.

Remue-ménage : Corps accords : guide de sexualité positive. Un tel guide est nécessaire et on couvre plusieurs sujets importants, bien qu’il s’agit seulement d’une partie du guide complet. Toutefois, les sections s’enchaînent mal et plusieurs termes sont « garrochés » (il y a un glossaire à la fin, mais on passe souvent très rapidement d’un élément à l’autre, parfois sans aucune transition). Il y a un très grand souci de représenter tout le monde, mais l’ordre des sections serait à revoir pour faciliter l’entrée en matière pour des gens qui ne sont pas déjà sensibilisés à la réalité des groupes marginaux. À plusieurs reprises, j’ai eu l’impression d’avoir entre les mains un document de travail plutôt que la version publiée. Dommage.

Votre maison d’édition préférée : Je ne crois pas en avoir une, mais je vais terminer avec plusieurs suggestions en vrac :

Méduse de Martine Desjardins : Gros coup de cœur pour cette fable moderne ! L’autrice utilise l’image de la méduse (et des méduses) pour parler de la honte du corps et du pouvoir de la féminité. Cette anti-héroïne devra affronter le rejet de sa propre famille, les jeux pervers de l’école pour jeunes filles disgracieuses, la violence de certains hommes ainsi que son propre regard.

Ta maison brûle de Simon Boulerice : Une pièce de théâtre où s’entremêle l’humour et le sens de la tragédie de Simon Boulerice. 4 femmes, une maison contaminée aux champignons qui sera brûlée le lendemain et leurs souvenirs qui partent en vrille.

Les Hardings d’Alexia Bürger : 3 hommes, portant tous le nom de Thomas Harding, racontent leur journée du 6 juillet 2013. La pièce questionne la responsabilité individuelle, et ce, que les actions en cause ne concernent personne d’autre ou qu’elle détruise une ville comme ce fut le cas à Lac-Mégantic.

La société du feu de l’enfer de Rawi Hage : Un autre gros coup de cœur. Au milieu de la guerre civile de Beyrouth en 1978, un homme doux reprend le travail d’entrepreneur de pompes funèbres de son père. Il héritera également du rôle de ce dernier à la Société du feu de l’enfer, un groupe secret qui veille à procurer des services funéraires aux exclus de la société.

La vie en gros : regard sur la société et le poids de Mickaël Bergeron : Un essai à la fois personnel et bien documenté sur la grossophobie.

Pas même le bruit d’un fleuve d’Hélène Dorion : À la mort de sa mère, Hanna découvre que celle-ci a eu un amoureux qui est décédé lors du naufrage de l’Empress of Ireland à Pointe-au-Père. Commence alors une épopée poétique sur la 132, à la recherche de cette mère qu’elle ne connaît pas.

Ici, ailleurs de Matthieu Simard : Un couple dévasté par un drame. Un village qui se vide. Des rencontres.

Les chars meurent aussi/Autopsie d’une femme plate/Diane demande un recomptage/La curieuse histoire d’un chat moribond/Une autre curieuse histoire d’un chat moribond/tout les tomes de Zazie de Marie-Renée Lavoie : J’aime lire cette autrice quand je veux de la légèreté de qualité. Et j’adore les petits caméos que font les personnages jeunesse dans les livres adultes et vice-versa.

Si on était d’Axelle Lenoir : Dans cette bande dessinée, deux amies partagent leur vie en remplissant les bouts plats avec leur jeu préféré. Le principe est simple : une annonce un sujet (ex : les vikings) et les deux doivent rivaliser d’originalité pour inventer de quoi elles auraient l’air si elles étaient… Une BD jeunesse drôle et touchante.

La trajectoire des confettis de Marie-Ève Thuot : Une saga familiale moderne qui suit l’histoire de trois frères, leurs parents et leur descendance et aborde plusieurs sujets tabous.

Le bal des absentes de Julie Boulanger et Amélie Paquet : Multiples essais sur des autrices et leurs œuvres. Un recensement de ces femmes qui ont écrit en l’arrière-plan de la littérature.

La course de Rose de Dawn Dumont : Je triche encore, c’est un livre canadien. Contrairement à ce que laisse présumer le titre, ce n’est pas un livre sur la course, mais sur la possession d’une réserve autochtone par un esprit vengeur. Il y a de l’action, de l’humour et des personnages attachants, mais je me questionne sur la stratégie markéting de ce livre.

Le chasseur et autre noirceurs de Geneviève Blouin : Un recueil de nouvelles d’horreur/science-fiction/fantasy. J’ai particulièrement aimé la première nouvelle qui met en scène un ancien champion de combats ultimes maintenant aveugle et la deuxième, où un agent double emprisonné est prêt à tout pour survivre. Les trois autres histoires offrent une réflexion sur les religions, sur l’utilisation de méthodes médicinales très alternatives et sur l’honneur des samouraïs.

Tout comme les tortues/Le sommeil des loutres de Marie-Christine Chartier : Je ne suis pas une grande fan des histoires d’amour, mais celles de Marie-Christine Chartier me plaisent. Dans le premier livre, ce sont deux amis d’enfance qui se retrouvent après un long voyage. Dans le second (qui n’a pas de lien avec le premier), c’est la rencontre d’un acteur qui devient plongeur à suite d’un drame et d’une serveuse, également étudiante en médecine.

Théo à jamais de Louise Dupré : Une femme travaille sur un documentaire sur les tueries de masse lorsqu’elle reçoit un appel. Un tireur est entré dans la classe de son conjoint. Celui-ci est vivant, mais le tireur, son beau-fils, est décédé. Nous suivons son deuil difficile et sa recherche de réponse sur ce qui s’est passé.

Lettre au frère Marie-Victorin : correspondance sur la sexualité de Marcelle Gauvreau : Ce livre ne regroupe que les réponses que Marcelle Gauvreau a envoyées au frère Marie-Victorin, mais on voit néanmoins émerger un portrait fascinant de la sexualité et des mœurs d’une époque où il était bien difficile d’évoquer ce sujet. La rigueur de leurs échanges et leurs ouvertures d’esprit pour l’époque sont fascinantes.

Victor de Simon Boulerice/Charlotte de Chloé Varin/Victoria de Stéphanie Lapointe : Je termine sur une lecture jeunesse légère. Trois livres, trois auteurs/autrices, trois personnages principaux, une seule histoire. Le tournage d’un film très attendu est raconté par le jeune acteur le plus en vue au Québec, la nouvelle actrice trouvée via une télé-réalité ou la jeune actrice semi-connue qui a été mise de côté. J’ai préféré Victor aux deux autres, mais j’ai aimé devoir lire les trois pour avoir un portait complet, même si chaque livre se tient par lui-même. Un des beaux exercices d’écriture collective que j’ai lus.

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À propos de l'auteur : Geneviève Malenfant

Je suis originaire de l’Abitibi et j’ai fais mes études à Montréal. J’habite Rivière-du-Loup depuis presque 5 ans. Je travaille comme audiologiste (je fais des tests d’audition). Je m’implique auprès des Pétroliques anonymes, un organisme qui lutte conte la dépendance au pétrole, parce que je crois fermement que la meilleure façon de faire faire au plus grand défi de notre ère, c’est ensemble. Je tiens une chronique de littérature jeunesse dans la Rumeur du Loup parce qu’aimer lire, c’est savoir trouver le bon livre, et qu’aimer lire permet d’ouvrir toutes les portes de la vie. Je participe régulièrement au Cabaret Kérouac et j’assiste à de multiples événements culturels parce que la culture, c’est la vie à son meilleur! Je vais donc vous entretenir en vrac des sujets qui me tiennent à cœur: la protection de l’environnement, la promotion de la santé, la culture sous toutes ses formes, l’implication citoyenne, le féministe, etc. Au plaisir de jaser avec vous!
Cet article a été publié sous le thème Arts, culture et patrimoine.
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