Porteurs de plumes

Cet hiver, j’ai ou j’aurais l’occasion de voir plusieurs œuvres autochtones dont j’ai envie de vous parler. Je vous propose donc un documentaire, un spectacle, un film et un livre.

Porteurs de plumes

Ce documentaire, offert sur Tou.tv, traite de la résurgence de l’art des Premières Nations. Nous suivons 3 artistes d’art visuel, soit Ludovic Boney, Caroline Monnet et Natasha Kanapé Fontaine, qui préparent une exposition, une sculpture extérieure ou une performance. On y parle autant du défi de combiner les traditions avec le désir de se réinventer que du processus même de la création. Je ne saurais dire si les amateurs d’art visuel y trouveront leur compte, mais j’ai bien aimé assister à certaines étapes préliminaires ainsi qu’à l’ensemble de la réflexion sur la culture et son rôle social.

Nui Pimuten – Je veux marcher

Par un heureux hasard, le spectacle mentionné dans le documentaire passera à Rivière-du-Loup le jeudi 23 janvier à 20 heures au Cabaret des mauvaises habitudes. La poétesse-slameuse, autrice et comédienne Natasha Kanapé présente « une soirée de poésie, chants et musique sous le signe de l’échange et de la rencontre entre les peuples et les cultures. Pour les ancêtres, pour les générations futures. » Ça promet d’être une expérience intéressante !

Kuessipan

Myriam Verreault sera l’invitée du Festival Vues dans la tête de… cette année. Son film, basé sur un livre de l’autrice Naomi Fontaine, sera donc à l’honneur. Après avoir travaillé au montage de Québékoisie, la réalisatrice (allochtone) a eu envie d’un film qui mettrait en scène des Innus. S’enclenche ensuite un très long processus de 7 années qui a abouti à un film célébré par la critique.

Le festival aura lieu du 6 au 9 février au cinéma Princesse. La programmation sera dévoilée le 20 janvier, mais Kuessipan devrait être présenté le samedi soir (mon hypothèse basée sur les années précédentes). Les détenteurs d’un macaron doivent arriver 15 minutes avant la présentation. Pour les autres, il faudra faire la file et espérer qu’il reste de la place.

Pilleurs de rêves

Cherie Dimaline est une autrice métisse ontarienne. Son plus grand succès, The Marrow Thieves, est un roman dystopique pour adolescents qui s’est mérité le prix littéraire du gouverneur général 2017 (en anglais) et le prix Kirkus. Comme le mentionne le quatrième de couverture, « Avec ce récit haletant, elle nous offre une puissante allégorie du colonialisme en Amérique du Nord. »

Dans un univers post-apocalyptique où les allochtones ne parviennent plus à rêver, le gouvernement du monde (ou plutôt de ce qu’il en reste) remet les pensionnats en activité. L’objectif cette fois ? S’approprier la moelle des autochtones (qui n’ont pas perdu cette capacité) et la vendre aux plus riches pour soulager leur insomnie. Nous suivons donc le jeune Frenchie qui tente de survivre et d’éviter les Recruteurs.

Quand je suis tombée sur la version française à ma bibliothèque, je ne m’attendais pas à avoir un tel coup de cœur. Il y a un bel équilibre entre l’espoir et l’horreur, entre l’action et l’allégorie, entre les moments tendres et la tragédie. Ce n’est pas trop lourd ou effrayant, mais les enjeux restent immenses et immersifs. On tourne les pages pour connaître la suite. On s’attache aux personnages. On souhaite le mieux pour eux tout en espérant que le livre ne cesse pas trop vite. Bref, un roman de science-fiction jeunesse enlevant qui aborde habillement une problématique sociale difficile.

Et, je dis ça comme ça… mais si quelqu’un se cherche un bon scénario pour un film avec une distribution issue de la diversité…

 

J’espère que vous trouverez votre compte parmi ces suggestions !

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À propos de l'auteur : Geneviève Malenfant

Je suis originaire de l’Abitibi et j’ai fais mes études à Montréal. J’habite Rivière-du-Loup depuis presque 5 ans. Je travaille comme audiologiste (je fais des tests d’audition). Je m’implique auprès des Pétroliques anonymes, un organisme qui lutte conte la dépendance au pétrole, parce que je crois fermement que la meilleure façon de faire faire au plus grand défi de notre ère, c’est ensemble. Je tiens une chronique de littérature jeunesse dans la Rumeur du Loup parce qu’aimer lire, c’est savoir trouver le bon livre, et qu’aimer lire permet d’ouvrir toutes les portes de la vie. Je participe régulièrement au Cabaret Kérouac et j’assiste à de multiples événements culturels parce que la culture, c’est la vie à son meilleur! Je vais donc vous entretenir en vrac des sujets qui me tiennent à cœur: la protection de l’environnement, la promotion de la santé, la culture sous toutes ses formes, l’implication citoyenne, le féministe, etc. Au plaisir de jaser avec vous!
Cet article a été publié sous le thème Arts, culture et patrimoine.
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