L’inclusion ne fait pas abstraction de la différence…

Là où l’intégration exige une adaptation à sens unique de la personne envers sa nouvelle terre d’adoption, l’inclusion implique que l’environnement d’accueil fasse également un effort d’adaptation et d’ouverture pour favoriser l’accueil des personnes concernées…
Et surtout, d’en faire émerger et rayonner toute la richesse et la diversité : Une responsabilité partagée !

Mieux se connaitre pour mieux reconnaître l’autre

Encore cette année, quelques centaines de personnes ont fait le choix de s’installer dans la région et d’ainsi participer à bonifier le tissu social et économique du territoire. Que ce soit par l’arrivée de résidents permanents, de travailleurs temporaires qualifiés, d’enfants ou d’étudiants, la région de Rivière-du-Loup demeure un milieu d’accueil riche et prisé pour de nombreuses familles désirant une qualité de vie où ils peuvent s’épanouir et prendre une part active dans cette société.

Ce petit élan d’écriture, je l’écris tout particulièrement pour mettre en lumière ces femmes qui ont choisis cette terre de liberté…

Notre beau Québec

Cette terre d’égalité si chère aux québécoises, et qui pour certaines femmes immigrantes s’avère une terre de découverte, d’apprentissage, qui leur permet d’apprivoiser la réalité féminine dans toute sa grandeur et son potentiel. Dans ce contexte où l’homme et la femme ont les mêmes droits, où chacun peut prendre sa place au soleil et participer à l’enrichissement de cette société. Chaque jour où nous rencontrons l’une d’entre vous, sans aucun doute, nous grandissons collectivement.

Quitter sa terre d’origine et tenter d’en adopter une autre, c’est mettre sa vie dans une valise … et devenir marchande d’espoir. C’est choisir le rêve, l’inconnu, l’espoir d’une amélioration de ses conditions de vie, de sa sécurité, souvent et surtout de celles de ses petits… C’est de devenir une héroïne au quotidien ; héroïne de l’adaptation, de l’apprentissage, héroïne à la conquête de nouveaux repères identitaires. Leurs différents parcours de vie en témoignent au quotidien.

Comment les femmes immigrantes s’approprient-elles, sur le plan identitaire, leur environnement socioculturel et professionnel, lorsqu’elles sont en situation d’intégration et qu’elles vivent dans des régions où l’immigration est marginale ?

À ce que j’en comprends, ayant côtoyé des centaines de femmes immigrantes au cours des dernières année, cette trajectoire vers une nouvelle vie est non seulement déterminée par les bouleversements majeurs qui transforment à ce jour la structure de l’employabilité au Québec et leur accessibilité au marché de l’emploi, mais elle est aussi teintée par la profonde transition culturelle qui accompagne l’immigration.

Comment s’approprier de nouveaux codes culturels, traverser la zone de turbulence et embrasser avec conviction l’autre culture ? Cette culture qui deviendra peu à peu une partie de la leur …
Cette transition est très personnelle et peu linéaire. Avant d’être de nouveau en confiance et en paix avec cette nouvelle vie, il est souvent question de sortir de sa zone de confort, d’accepter de ne plus être totalement le « soi d’avant »…

AVANT…

L’avant grand bouleversement qui remet tout en cause, qui fait trembler d’incertitude, qui remet aussi en perspective les choix qui les ont menées LÀ. Ce LÀ qui appelle à une nouvelle définition de soi, ce voyage en terre d’accueil qui est directement en lien avec un choix : ce choix de se permettre de rêver, d’avancer vers un idéal, s’alignant sur ses convictions intérieures de miser sur ce que ce pays d’adoption a à offrir…

Parfois le déracinement est si grand, le défi tellement immense…

Cet éclatement des repères, ce déracinement prend en compte l’ensemble de la réalité de vie des femmes immigrantes, c’est-à-dire les dimensions individuelles, familiales, sociale et l’interaction de ces femmes avec la nouvelle réalité, celle dont elles ont si souvent rêvé.  Une multitude de facteurs sont à revoir sous cette nouvelle lumière identitaire, ces nouveaux cadres de référence : repenser, réaffirmer ; la conscience de soi et l’espace vital, la communication, la langue, la relation au temps, aux valeurs, aux normes, les habitudes alimentaires, la conception du monde du travail, de la vie en société. L’acte d’émigrer constitue un ensemble de deuils que la migrante devra réaliser en quittant le « confort du connu ». Le succès de l’intégration sera en partie tributaire de la motivation initiale et de la traversée des différentes phases qui mèneront de l’arrivée à l’établissement, puis l’intégration, l’inclusion, et à l’adhésion aux valeurs de ce nouveau monde, de ce Québec tant rêvé, de cette région bordée d’un majestueux fleuve, porteuse de tant d’espoirs et de promesses.

Paroles de femmes d’ici et d’ailleurs

« Mon immigration au Québec m’a fait comprendre une citation amérindienne pleine de bon sens, très simple et très en plein conscience « là où sont mes pieds, je suis à ma place ». Même dans les obstacles et déboires de paperasses, même au-delà des refus, tout c’est orchestré pour que je sois là où il faut»   France

« Je ne parlais pas français, je ne connaissais personne, mon mari travaillait 6 jours sur 7, ça a pris trois ans avant de me sentir confortable avec la langue et de savoir qu’un employeur pouvait me faire confiance. Me voilà maintenant épanouie dans ma vie professionnelle, a travailler pour un employeur qui est reconnaissant de mon travail, j’ai enfin retrouvé ma valeur de femme, de mère et de femme sur le marché du travail » Espagne

« J’ai été bien entourée par plusieurs anges sur ma route, sans cet accompagnement, je pense que je serais retournée dans mon pays d’origine. Maintenant que je connais davantage les codes de la culture, je me sens chaque jour un peu plus appartenir à cette terre d’accueil et je veux m’investir pour redonner à la communauté qui m’a si bien accueilli » Algérie

« Je suis arrivée seule ici avec tous mes rêves tenant dans une grande valise, plusieurs difficultés sont arrivées en route, l’adaptation, le stress de ne pas trouver d’emploi, la crainte de ne pas me faire un nouveau réseau.  Mais après quelques années, je me sens bien ici, j’ai fait des pas dans la direction des québécois et ceux-ci m’ont accueilli chaleureusement, me faisant sentir que j’avais ma place ici. » Belgique

«Les obstacles font partie de ce grand processus d’immigration, après quelques années, les formalités de papiers étant derrière moi, j’envisage l’avenir avec confiance, je ne regrette pas mon choix d’avoir voulu venir m’établir ici, je m’y sens bien, en sécurité, et le rythme de la vie me convient beaucoup plus que dans mon pays d’origine. » Chine

«Quelle aventure incroyable… Que de stress, que de questions et d’incertitudes. Je ne parlais pas du tout la langue, je ne comprenais rien quand les gens me parlaient. J’ai appris doucement la langue, mes enfants ont appris rapidement et m’ont permis d’apprendre à mon tour, puis je suis allé a l’école, j’ai fait une formation dans mon domaine et j’ai par la suite trouvé un emploi où je me sens appréciée pour ce que je suis.  Je remercie beaucoup tous les gens autour qui m’ont permis de me sentir bien ici, dans ce nouveau pays que j’ai adopté et qui m’a adoptée. » Mexique

Les conditions d’enracinement se résument en deux mots :
Responsabilité partagée…
https://quebec.huffingtonpost.ca/doudou-sow/limmigration-une-responsabilite-partagee-entre-limmigrant-et-la-societe-daccueil_b_5860724.html

Responsabilité partagée à établir les ponts sur lesquels il est ensuite possible de danser ensemble, repoussant les limites de l’intolérance, de l’indifférence, à épurer les interférences dans la communication, pour embrasser un nous collectif porteur de sens. Visant un équilibre entre le savoir rationnel et le sentiment d’appartenance, au croisement entre la force de l’individu et son rôle social créateur. Cette capacité d’intégrer une nouvelle culture fait partie d’une grande famille de compétences que l’on nomme « capacité de résilience ». Qui, dans le cadre de l’immigration peut se définir par un ensemble d’acquis et de facultés propres à chaque individu qui aident à rebondir, à avancer malgré les difficultés pour finalement trouver son confort moral physique et psychologique dans son nouveau pays.

Quatre leviers de résilience sont activés dans un processus migratoire :

Le soutien familial;

Le réseau de communication;

Le sens donné à l’expérience;

Le déterminisme.

Tous ces facteurs entrent en interaction constante et trouvent un écho positif dans l’individu par l’apport de ces ressources précieuses et plus significatives que toute autre : L’ouverture, l’accueil, la considération et l’accompagnement de la société d’accueil.

Le vivre ensemble est une responsabilité partagée entre le nouvel arrivant et la société d’accueil. Plus l’intégration, ou encore mieux, l’inclusion se vit alors que tous se sentent concernés, plus la richesse des similitudes et de la diversité peut s’élever et rayonner dans la collectivité, avec fierté, ouverture et tolérance!

 « Source d’échanges, d’innovation et de créativité, la diversité culturelle est, pour le genre humain, aussi nécessaire qu’est la biodiversité dans l’ordre du vivant. »

Article 1 de la Déclaration universelle sur la diversité culturelle de l’UNESCO

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À propos de l'auteur : Stéphanie Jeanne Bouchard

Entrepreneure, Formatrice, accompagnatrice stratégique, consultante/analyste en profils psychométriques. Ayant développé une solide expérience dans l’accompagnement stratégique et le développement socio-économique, il s’impose à moi d’élargir le concept d’accompagnement dans une approche à échelle humaine et intégrée. Expérience de plus de 20 ans en développement du potentiel humain de l’individu, dans sa vie personnelle, professionnelle, organisationnelle et auprès des entreprises. www.kkinc.ca
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L'auteur(e) de cet article :

Photographe, globe-trotter et amoureuse de la route. Ma vision et mes valeurs rencontrent une vision globale qui va bien au-delà de la santé mentale et physique des individus; elle parle de la façon dont l’humain communique et se comporte en relation avec lui-même, l’autre et son environnement. Comment il interagit dans les trois registres du savoir, savoir-être et savoir-faire. www.kkinc.ca Efficience, cohérence, authenticité, innovation, confiance. L’humain toujours au centre. Ma mission: Libérer l'intelligence!

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2 commentaires

  1. avatar Par : Samia Zeffanine

    Je suis ravie de faire partie de ces personnes qui lutte pour une immigration modèle !! , j’ai choisit de quitter mon pays d’origine , puis quitter la grande métropole , et toute la communauté à la recherche de la quiétude, de la tranquillité en région dans le vrai Québec …..

    aussi le désir de partager avec ses habitants le meilleur et le pire!!! la pénurie de main d’œuvre, les longs hivers, les tempêtes , ….bien que je m’attendais pas à la pandémie!!..

    Pareil les plus jeunes à Rivière du loup , font preuve de beaucoup de tolérance et partage envers mes enfants .

    Merci de nous avoir bien accueillie , mes enfants, mon mari, et moi….. C’est bien ça les québecois Un Peuple de cœur.

    • Merci de ton commentaire Samia, merveilleuse louve d’adoption … Ce texte se veut un hommage au parcours de ces femmes ayant mis leur vies dans une valise pour devenir marchande d’espoir … Et donc un texte qui te rend hommage ,) Merci de ton ouverture, de ta confiance et que la vie vous soit bonne au Québec, à Rivière-du-Loup …À toi et ton si beau clan! Merci Xx

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