2020 aux oubliettes

Nous sommes sans doute plusieurs à vouloir expédier cette année qui s’achève dans la moulinette de l’oubli.  Avant le début de ce qui allait devenir une tragédie à l’échelle planétaire, nous nous portions relativement bien.  Enfin, certaines personnes aiment bien le croire.  Au Québec, nous bénéficions alors d’une situation économique enviable puisque le gouvernement nouvellement élu de François Legault nageait dans les surplus.  Une situation héritée du gouvernement précédent qui avait plongé la province dans l’austérité afin, disait-il, de mettre de « l’ordre dans la maison » (Carlos Letao, Ministre des finances).  C’est ainsi que le réseau de la santé subissait la refonte Barrette.  Une centralisation sans précédent qui concentrait les pouvoirs de décision au sein des CISSS et des CIUSSS.  Nous expérimentions, rappelons-le, une phase de plein emploi.  Un contexte de pénurie de main-d’œuvre tous azimuts.  Dans toutes les régions, dans tous les secteurs de l’économie, le manque de personnel représentait le défi et le casse-tête numéro un des gestionnaires.  Parmi les solutions évoquées pour tenter d’amenuiser cette rareté en ressources humaines, nous avons vu des tentatives de ramener des retraités au travail.  De faire appel à l’immigration.  De permettre d’abaisser l’âge de l’accès au travail à quatorze ans.  Le succès de l’ensemble de ces mesures d’urgence fut très mitigé.  En fait, ces tentatives s’apparentaient davantage à un cri de désespoir.  Dans les secteurs de la santé et de l’éducation, les choses s’étaient empirées depuis déjà longtemps.  Pourtant les événements se sont succédés sans que l’on en réalise l’importance.  En éducation, un record de jeunes profs qui décrochent devant la lourdeur de la tâche et surtout face au manque d’appui pédagogique.  En santé, face au travail supplémentaire obligatoire qui passera de mesure exceptionnelle à une situation quasi normale, aux vacances annulées ou reportées à une date indéterminée, des milliers d’infirmières et d’infirmiers et autres professionnels ont quitté le réseau.  Dans les CHSLD, dans les RPA et autres résidences, la pénurie de ressources humaines est également criante.  Le recours à des agences de placement privées sera la méthode privilégiée pour trouver du personnel avec toutefois de gros inconvénients.  Les agences déplacent le personnel d’une résidence à l’autre et les conditions de travail et salariales sont déplorables.

Ce tableau d’une crise sans précédent était le reflet de la situation qui prévalait avant mars 2020.

Pouvions-nous être prêts?

Bien sûr que non.  L’équipement de base, masques, jaquettes, gants, etc., n’étaient pas au rendez-vous dès le début de la première vague.  Dans les CHSLD, le personnel a fui devant l’horreur appréhendée.  Partout le personnel soignant est exténué.  Le travail supplémentaire obligatoire demeure en vigueur plus que jamais. 

La situation à la fin du printemps était déplorable avec plus de 6 000 décès.  Nous voici maintenant à l’aube d’une nouvelle année.  Nous vibrons maintenant avec le souhait qu’arrivera un ou plusieurs vaccins.  Le début de la vaccination, avec une bonne dose d’optimisme, devrait commencer dans la première moitié de 2021.  Cependant, la logistique de la distribution sera compliquée.  Nous en avons eu un aperçu dans l’administration des tests de dépistage.

Au cœur de la deuxième vague, alors que le nombre de cas oscille dans les 1 400 au quotidien, nous ne pouvons qu’espérer que nos brigades de soins tiennent le coup et à ce sujet l’avenir à court terme est loin d’être rassurant.

En parallèle à la pandémie, nos problèmes sociaux sont bien loin d’être demeurés au niveau où ils étaient avant mars 2020.  Les problèmes des itinérants périclitent, la violence conjugale explose et les centres d’hébergement débordent.

J’ose espérer que nous apprendrons et que nous saurons tirer les leçons de cette crise humanitaire.  Parce que dans le cas contraire, nous irons tout droit dans l’abîme.

Cette pandémie est une occasion unique de se prendre en main et d’affirmer nos valeurs humanistes.  Malheureusement, ce gouvernement s’obstine.  Son refus d’accepter la clause Joyce présentée par le Chef des Attikamek en est une triste démonstration.  Cette crise devrait nous permettre de se considérer et d’agir comme les frères et les sœurs que nous sommes.  Agir ensemble pour le plus grand bien de chacun de nous.

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À propos de l'auteur : Pierre Lachaine

Je suis un marin et un historien dans l'âme. Montréalais d'origine, j'ai vécu le Montréal communautaire des petits quartiers tissés serrés et solidifiés à l'huile de Saint-Joseph. J''aime bien les voyages dans le temps, les retours dans le passé, les introspections au présent et les projections dans le futur. Voilà ce que je vous propose bien humblement, partager avec vous mes réflexions, mes espoirs et mes coups de cœur sur l'ensemble des activités humaines dans la spirale temporelle. Pierre Lachaine
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