En 2019, je lis un livre québécois par mois

Comme chaque année, je vous partage les livres québécois que j’ai lus. En 2019, le défi attribuait une maison d’édition chaque mois. Voici donc un résumé beaucoup trop long de mes lectures !

La peuplade :

Le poids de la neige de Christian Guay-Poliquin : C’était le deuxième livre de mon cercle de lecture. Disons que ce fût polarisé et que je n’étais pas dans le camp de celles qui ont apprécié. Malgré tout, des livres post-apocalyptiques où la neige (et un accident de voiture) sert à justifier un huis clos pendant une partie du livre, il ne doit pas en avoir des tonnes au Québec !

Liminal de Jordan Tannahill : mon livre préféré à cette maison d’édition cette année, mais écrit par un Ontarien (qui a quant même remporté le prix du gouverneur général anglophone à deux reprises pour du théâtre). Lorsque notre personnage principal trouve sa mère étendue sur son lit, l’idée lui vient que celle-ci restera à la frontière entre la vie et la mort tant que personne n’entrera dans la chambre. Il s’agit d’une autofiction introspective qui inclut des éléments de philosophie, d’art Queer et de réflexion sur l’intelligence artificielle et les neurosciences. Fascinant.

La pastèque :

Les étoiles de Jacques Goldstyn : Un petit juif hassidique et une petite musulmane se rencontrent au parc. Il se crée une amitié autour de leur passion pour l’astronomie. Mais qu’en penseront leurs familles ? Ça finit bien, promis ! Charmant livre pour enfant joliment illustré.

J’ai aussi lu le dernier Paul de Michel Rabagliati, où Paul vit une période difficile. Pas mon épisode préféré, mais je trouve intéressant que l’auteur ait choisi de parler de parler de sujets difficiles.

Je vous recommande aussi chaudement Une histoire de cancer qui finit bien de Marianne Ferrer et India Desjardins. Radio-Canada offre une belle version audio (sérieusement, j’ai pleuré beaucoup même si on connaît d’avance l’issue). https://ici.radio-canada.ca/premiere/livres-audio/arts/105811/histoire-cancer-india-desjardins-labrosse

Alto :

Les écrivements de Matthieu Simard : Une belle découverte lors de mon cercle de lecture ! Lorsqu’elle apprend que son mari qui a disparu il y a 40 ans est atteint d’Alzheimer, Jeanne décide de se mettre à sa recherche. Accompagnée d’une adolescente qui a déjà été sa voisine, Jeanne dévoilera tranquillement son passé troublant. Malgré sa mauvaise foi, je prendrai volontiers un thé avec Jeanne.

Mademoiselle Samedi soir de Heather O’Neill : Je l’ai déjà dit l’an passé, j’adore l’écriture d’Heather O’Neill. Cette fois, nous suivons la fille d’un ancien chansonnier québécois nationaliste. Celle-ci attire accidentellement l’attention des médias sur elle en plein référendum de 95. Mais dernière le rideau de la célébrité, la vie sans son père et avec son jumeau et son grand-père n’est pas si simple.

De synthèse de Karoline Georges : Roman d’anticipation, cette histoire parle d’une artiste qui s’immerge dans la quête de l’image et le réconfort du monde numérique pour fuir la laideur du réel. Je pense que j’ai préféré la discussion du balado La vie secrète des libraires que le livre lui-même, mais intéressant malgré tout. https://www.lafabriqueculturelle.tv/balados/19/la-vie-secrete-des-libraires/episodes/65/les-libraires-discutent-table-ronde-sur-de-synthese

J’ai aussi adoré Moi, ce que j’aime, c’est les monstres de Emil Ferris et Encyclopédie du monde de Diane Schoemperlen, qui n’ont pas été écrit par des québécoises.

Leméac:

Eux/Nous/Lui, trilogie de Patrick Isabelle : Une série pour adolescents qui aborde à bras le corps le difficile sujet de l’intimidation à l’école secondaire. Je vous préviens, ça dégénère vite et ça va loin. Des livres durs, mais nécessaires et merveilleusement bien écrits.

Boréal :

Scrapbook et Les gens fidèles ne font pas les nouvelles de Nadine Bismuth : J’avais entendu de très bonnes critiques à plusieurs reprises dans la revue Le Libraire. Ça allait donc de soi comme choix. Mais, malheureusement, je les ai lus au printemps et j’en garde un souvenir très flou. Je ne commenterai donc pas davantage.

Pow Pow:

Zviane au Japon de Zviane : Petit carnet dans lequel Zviane partage ses anecdotes et ses observations sur son séjour.

La courte échelle :

Lac Adélard de François Blais : Dans plusieurs de ses livres pour adultes (La nuit des morts-vivants, Un livre sur Mélanie Cabay, Les Rivières suivi de Les Montagnes) François Blais s’amuse à brouiller la ligne entre le réel et le fantastique, entre l’horreur mystifiée et le drame horrible. Ce récit destiné aux pas peureux de 11 ans et plus est construit de la même manière. Simple, mais efficace.

J’ai aussi lu Sans domicile fixe et Ma vie (racontée malgré moi) de la Britanno-Colombienne Susin Nielsen. J’adore cette autrice jeunesse qui réussit à parler de sujet difficile (comme la maladie mentale, le deuil et l’itinérance) avec lumière et espoir.

Éditions de ta mère :

Royal de Jean-Philippe Baril-Guérard : Le genre de livre que l’on adore ou que l’on déteste, mais qui frappe les esprits. Je vous préviens, vous trouverez probablement le personnage antipathique, mais ce n’est pas grave (à mon avis, du moins). Royal suit un jeune homme qui a décidé de se battre pour obtenir l’un des meilleurs stages de sa faculté de droit. Le problème ? Si sa tête pense qu’il est là où il devrait être, son cœur ne partage pas cette opinion. S’en suit une descente aux enfers. La fracture entre ses aspirations et ses valeurs est magnifiquement illustrée par une déroutante narration au « tu ».

Je me suis enfilé deux autres livres de l’auteur, soit Manuel de la vie sauvage, dans lequel le plus grand entrepreneur (fictif) du Québec raconte son accession vers le succès, et Sport et divertissements, mettant en scène la fuite en avant d’une jeune actrice prolifique, mais blasée qui sera profondément bouleversée après le suicide d’un homme avec qui elle a couchée juste avant sa mort.

Mémoire d’encrier :

Kuessipan de Naomi Fontaine : Il s’agit du premier livre sélectionné par mon cercle de lecture. Nous avions choisi d’écouter la version audio. Une épopée poétique dans une réserve innue, le tout vu de l’intérieur. Un portrait réaliste, sans complaisance. https://ici.radio-canada.ca/premiere/livres-audio/arts/41585/kuessipan

Les herbes rouges :

La canicule des pauvres de Jean-Simon Desrochers : Gros coup de cœur. Un immeuble déchu. 26 personnages. Dix jours de canicule. Cette prémisse pourrait sembler décousue, mais ne l’est pas. C’est un véritable coup de force. Petit avertissement, si c’était un film, ce serait classé 18+ pour sexualité explicite, drogues, langage inapproprié et décomposition.

Je suis en train de lire Les limbes du même auteur. Je suis loin d’avoir fini, mais c’est prometteur.

Les 400 coups :

Bérénice ou la fois où j’ai fait la grève de tout de Catherine Trudeau et Cyril Doisneau : C’est le livre que j’ai choisi, mais je ne l’ai pas encore lu. Théoriquement, c’est la lecture de décembre et nous ne sommes que le 8, j’aurai sans doute le temps de m’y mettre.

La bagnole : Je n’ai rien lu de cette maison d’édition cette année.

Je termine avec quelques suggestions en vrac :

Chimie 501 de Josée De Angelis : Une belle histoire d’amour entre deux adolescents homosexuels.

Le dernier des snoreaux de Abla Farhoud : Un vieux fou réfléchit sur sa vie au moment de sa mort. Il revient sur sa relation avec ses cinq sœurs, ses parents immigrés, son frère disparu et sa maladie mentale qui ne l’a jamais quittée. Profondément humain comme l’ensemble de l’œuvre de cette autrice.

Le Seigneur de Saint-Rock de ValMO et Francis Desharnais : Une bande dessinée pour adulte qui utilise l’humour et les codes de la fantasy pour critiquer l’embourgeoisement et le capitalisme sauvage.

Hiver nucléaire Tome 3 de Cab : Notre héroïne se joint à une expédition pour récupérer des données météorologiques importantes. Puisqu’elle avait abandonné ses études dans le domaine après sa mutation génétique, c’est un retour aux sources pour la meilleure livreuse à motoneige du Montréal post-apocalyptique. Mon préféré, à ce jour.

Lilie, apprentie-adulte (tome 3) de Samuel Larochelle : La quatrième secondaire ne sera pas une année facile pour Lilie. Elle se cherche toujours après les événements du tome 1, son amoureux part étudier à l’extérieur et un drame frappera son meilleur ami Émile. L’auteur continue à combiner émotion et humour à merveille.

Ouvrir son cœur d’Alexie Morin : Récit autobiographique touchant où l’autrice s’interroge sur la mémoire et sur la manière dont se créent les souvenirs. Elle raconte l’anxiété des années d’école, ses opérations aux yeux, la solitude, l’amitié fusionnelle, la mort et la honte. Réflexion très intéressante dans laquelle je me suis reconnue à quelques reprises.

Dans le cœur de Florence de Lucie Bergeron : L’autrice présente ici un roman jeunesse très accessible, écrit en vers. Écrit sous la forme d’un journal intime entremêlé de poèmes, nous suivons Florence qui navigue à travers le deuil de sa mère, sa relation houleuse avec son père et sa belle-mère, son amour pour sa petite demi-sœur, l’école, son premier emploi et ses premiers amours. Tout cela sans sacrifier une seule seconde de son précieux temps à écrire sur la grève. L’autrice nous offre une héroïne tout en nuance et en émotion.

Aquarius de J.D. Kurtness : Un virus se répand sur la planète et élimine la quasi-totalité de la population. Partie dans l’Arctique, une jeune biologiste québécoise se trouve isolée et partage son histoire. Je n’en suis qu’au chapitre un, mais j’apprécie autant que son livre précédent, De Vengeance, jusqu’à présent (bon, j’avoue que je m’avance un peu).

 

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À propos de l'auteur : Geneviève Malenfant

Je suis originaire de l’Abitibi et j’ai fais mes études à Montréal. J’habite Rivière-du-Loup depuis presque 5 ans. Je travaille comme audiologiste (je fais des tests d’audition). Je m’implique auprès des Pétroliques anonymes, un organisme qui lutte conte la dépendance au pétrole, parce que je crois fermement que la meilleure façon de faire faire au plus grand défi de notre ère, c’est ensemble. Je tiens une chronique de littérature jeunesse dans la Rumeur du Loup parce qu’aimer lire, c’est savoir trouver le bon livre, et qu’aimer lire permet d’ouvrir toutes les portes de la vie. Je participe régulièrement au Cabaret Kérouac et j’assiste à de multiples événements culturels parce que la culture, c’est la vie à son meilleur! Je vais donc vous entretenir en vrac des sujets qui me tiennent à cœur: la protection de l’environnement, la promotion de la santé, la culture sous toutes ses formes, l’implication citoyenne, le féministe, etc. Au plaisir de jaser avec vous!
Cet article a été publié sous le thème Arts, culture et patrimoine.
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