En 2018, j’ai lu un livre québécois par mois

Quoi de mieux par grands froids venteux que de se plonger dans un bon livre? Et à défaut, de réécrire le nouveau guide alimentaire pour protéger notre patrimoine québécois alimentaire, vous pouvez contribuer à faire rayonner notre culture en participant au défi du Fil rouge, En 2019, je lis un livre québécois par mois!

Pour 2019, le défi consiste à livre un livre de chacune des maisons d’édition suivante : La peuplade, La pastèque, Alto, Leméac, Boréal, Pow Pow, La courte échelle, Éditions de ta mère, Mémoire d’encrier, Les herbes rouges, La bagnole et Les 400 coups.

Question de vous aider un peu, je vous partage certains de mes choix de 2018, parmi les 28 livres québécois et 4 canadiens que j’ai lu. Vous verrez que ce n’est pas le choix qui manque pour vous lancer!

Janvier : un premier roman

Dépourvus, Victoria Grondin : Le concept de départ est l’un des plus originaux que j’ai vu depuis longtemps. L’histoire se déroule dans un monde où l’autisme est la norme, sauf pour le personnage principal qui, lui, n’a aucune particularité sensorielle ou talent particulier.  Idée brillante pour démontrer comment la différence est relative et comment elle peut devenir un atout. Toutefois, à mon avis, il manque un petit quelque chose pour faire de cette œuvre un grand livre.

Février : un roman adapté au cinéma

La déesse des mouches à feu, Geneviève Pettersen : Brutale entrée dans le monde de l’adolescence. Une écriture fascinante qui traumatisera les futurs parents d’adolescents.

Mars : un roman écrit par une femme

L’allégorie des truites arc-en-ciel, Marie-Christine Chartier : Un fantastique roman sur la « friendzone ». Cam et Max s’aiment, mais ne savent pas comment se le dire ou même s’ils le devraient. Roman charmant mais réaliste, écrit en alternance entre les points de vue des deux protagonistes.

La vie rêvée des grille-pains, Heather O’Neil : Excellent recueil de nouvelles. Coup de cœur, à nouveau après Hôtel Lonely Heart, pour cette auteure anglophone.

Avril : un essai

Faire œuvre utile : quand l’art répare des vies, Émilie Perreault : Le livre que j’ai le plus souvent suggéré cette année. La chroniqueuse a rencontré 21 artistes pour discuter de l’impact de l’art sur la vie des gens. Le livre rassemble donc de nombreuses histoires touchantes, racontées avec sensibilité et fluidité, accompagnée d’un magnifique graphisme. Comme le dit l’auteure, « L’art- à défaut de changer le monde- peut littéralement changer une vie! »

Le manifeste des parvenus : le think big des pense-petit, Julia Posca : Avec beaucoup d’humour noir, l’auteure démolit les différents mythes entourant le culte de l’entrepreneuship. L’essai demeure accessible, malgré la multitude d’informations, et s’inspire de la situation québécoise dans ses exemples. Seul bémol : je dois avouer que ça ne m’a pas aidé à être moins cynique lors de la dernière campagne électorale…

Mai : un roman abordant la santé mentale

Lilie, l’apprentie parfaite, Samuel Larochelle : Passionnée de flûte traversière, Lilie se donne à fond pour remporter une compétition nationale. Entre les pratiques, l’école, son meilleur ami, sa famille qui ne la comprend pas et le nouvel arrivé à l’école, Lilie devra apprendre à négocier avec la pression et son désir de perfection. Gros coup de cœur pour les dialogues savoureux et la représentation réaliste de l’anxiété de performance. En prime, le tome 2 est déjà sorti, le troisième devra sortir au printemps et deux livres écrit du point de vue de son meilleur ami, à l’âge adulte, sont déjà publiés.

Juin : littérature autochtone

De vengeance, J.D. Kurtness : Un court roman écrit à la première personne dans laquelle nous suivons la vie d’une tueuse en série. Un roman rafraîchissant et surprenant.

Ligne brisée, Katherena Vermette : 7 femmes d’une même famille. Une horrible agression. Une histoire racontée par morceau à tour de rôle. Un roman enlevant et troublant qui parle des agressions sexuelles chez les femmes autochtones de manière originale et habile. Petit bémol : l’auteure est anglophone et vient de Winnipeg, elle ne devrait techniquement pas figurer sur ce palmarès…

Juillet : littérature jeunesse

Ce qui se passe dehors, Catherine Dorion : Un roman menant en scène deux adolescents, Gabrielle et Émile, qui découvrent la passion militante. Un roman sans compromis qui dévoile l’envers des manifs, quoique maladroit par moment à mon humble avis.

Les optimistes meurent en premier, Susin Nielsen : Depuis un tragique accident, Petula est devenue une experte en sécurité. Forcée de joindre un atelier d’art-thérapie, elle rebâtit tranquillement sa confiance, alors que le groupe décide d’aider chacun des membres à réaliser un objectif. Notez qu’il s’agit d’une traduction de l’anglais.

Août : roman pour le #12août

Nous sommes bien|seules, Julie Bosman : Basées sur des entrevues avec des femmes qui vivent seules, ce recueil de nouvelles couvrent bien l’ensemble des réalités et situations dans lesquelles ces femmes peuvent se trouver.

Celle qui lisait, Manon Vallée : Recueil de nouvelles sur la thématique de la lecture. Un livre qui ne paie pas mine, mais très bien écrit.

Septembre : rentrée littéraire

Je t’aime beaucoup, cependant, Simon Boulerice : Inspiré par une entrevue avec la meilleure amie d’époque de Cédrika Provencher, on aborde ici le délicat sujet du deuil amical en parallèle avec une peine d’amour, tout cela dans la langue délicieuse de Boulerice.

J’ai aussi beaucoup aimé L’enfant mascara et les 3 tomes de M’as-tu vu? du même auteur.

Octobre : roman finaliste au prix des librairies

Mégantic : une tragédie annoncée, Anne-Marie Saint-Cerny : La journaliste met en lumière la longue chaîne de désengagement politique qui a menée à la tragédie… et le fait que bien peu a changé depuis. Un retour complet et essentiel sur l’avant et l’après de la tragédie de Lac-Mégantic. Pour ceux qui voudraient un résumé, j’ai consacré mes deux dernières chroniques à cette enquête.

Novembre : bd ou roman graphique

Le seigneur de Saint-Rock, ValMO : Une bd, évoquant les jeux de type Donjons et dragons, dans laquelle un groupe de locataire de Saint-Rock se battent contre les forces du mal qui veulent les évincer. Une façon sympathique et légère pour parler de gentrification.

Décembre : un roman conseillé par le blogue Le fil rouge

Royal, Jean-Philippe Baril Guérard : Parcours d’un ambitieux étudiant en droit, de son entrée à la course aux stages. Un roman cynique et rythmé qui nous force à nous questionner sur notre conception du succès. Point bonus pour la surprenante narration au « tu » qui fonctionne incroyablement bien dans le contexte.

Autre

Creuse ton trou, Bruno Massé : Un lobbyiste, envoyé dans un petit village perdu pour convaincre la population d’accepter un projet minier, voit ses plans déjoués par la petite communauté. Un roman original écrit par un activiste environnemental. Personnellement, j’ai aimé l’idée de départ, mais j’aurais nettement préféré voir l’action du point de vue du village plutôt que celui du lobbyiste, qui est à mon avis un peu trop caricatural.

Cataonie : nouvelles, François Blais : François Blais est l’expert des OVNIS littéraires qui paraissent chaque fois provenir d’une planète différente. Le personnage de Cataonie est un être exécrable qui commet tous les pêchés afin d’obtenir le statut qu’il estime mériter (même s’il semble bien être le seul à le penser !). Le contraste entre les actions commises et le niveau de langage très soutenu en fait une œuvre absolument délicieuse.

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À propos de l'auteur : Geneviève Malenfant

Je suis originaire de l’Abitibi et j’ai fais mes études à Montréal. J’habite Rivière-du-Loup depuis presque 5 ans. Je travaille comme audiologiste (je fais des tests d’audition). Je m’implique auprès des Pétroliques anonymes, un organisme qui lutte conte la dépendance au pétrole, parce que je crois fermement que la meilleure façon de faire faire au plus grand défi de notre ère, c’est ensemble. Je tiens une chronique de littérature jeunesse dans la Rumeur du Loup parce qu’aimer lire, c’est savoir trouver le bon livre, et qu’aimer lire permet d’ouvrir toutes les portes de la vie. Je participe régulièrement au Cabaret Kérouac et j’assiste à de multiples événements culturels parce que la culture, c’est la vie à son meilleur! Je vais donc vous entretenir en vrac des sujets qui me tiennent à cœur: la protection de l’environnement, la promotion de la santé, la culture sous toutes ses formes, l’implication citoyenne, le féministe, etc. Au plaisir de jaser avec vous!
Cet article a été publié sous le thème Arts, culture et patrimoine.
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