Bonne année

Nous voici à quelques jours du Jour de l’an, moment propice de l’année aux rencontres de famille et aux souhaits de Bonne Année. Aux plus vieux, on souhaite prospérité et surtout de la santé, aux plus jeunes du succès dans leurs études ou dans leur carrière. Et il y a quelques années, nous souhaitions à toutes et tous le paradis à la fin de leurs jours.

Que pourrait-on se souhaiter mutuellement au Bas-St-Laurent ?

Mon premier souhait serait des transports en commun plus présents.

Commençons par le transport interurbain. Lorsque je suis arrivé dans le coin, l’autobus s’arrêtait à l’épicerie de mon village. Certes le trajet était un peu long, mais c’était le prix à payer pour faire la « run de lait » comme dirait mon beau-père. Il y avait aussi un trajet express que l’on pouvait prendre à partir des plus grandes localités. Aujourd’hui, l’autobus ne s’arrête plus dans mon village et le service s’est rétréci comme peau de chagrin. Comment espérer sortir de l’emprise de la bagnole si on ne peut même pas sortir de la région en transport en commun? Si les gens de Québec peuvent rêver à leur tramway et ceux de Montréal à leur ligne rose, nos rêves sont certes plus modestes. Dans nos petites localités, même prendre un taxi est une impossibilité. Mais ne pourrait-on pas rêver à une forme de transport en commun innovatrice pouvant nous dépanner et nous permettre une certaine mobilité en dehors de la voiture individuelle?

Mon deuxième souhait concerne l’accessibilité aux soins de santé.

Il y a plusieurs années, j’ai dû consulter un orthopédiste pour enfant avec un de mes fils. Il y en avait plusieurs dans la ville de Québec, mais aucun à l’est de cette dernière. De telle sorte que si vous résidiez en Gaspésie, dans le Bas-St-Laurent ou sur la Côte-Nord, vous deviez vous résoudre à parcourir plusieurs dizaines de kilomètres pour recevoir les soins appropriés. Plus récemment, nous avons dû faire face à des fermetures sporadiques, entre autres, du service d’obstétrique dans un hôpital de la région, faute de personnel infirmier et médical adéquat. Comment concevoir que, dans une société comme la nôtre, les services médicaux, notamment les médecins spécialistes, ne soient pas mieux répartis sur notre territoire ?

Mon troisième souhait est à l’intention des petits producteurs agricoles.

Si vous êtes un petit producteur de volailles, l’abattoir le plus proche est à Saint-Henri de Lévis. Si nous voulons favoriser les circuits courts en agriculture, c’est plutôt mal parti. Le développement d’une petite agriculture diversifiée et la réappropriation des terres agricoles par de nouveaux agriculteurs et de nouvelles agricultrices passent entre autres par les abattoirs de proximité tout comme par la transformation et la distribution de leurs produits le plus localement possible. Et tant qu’à faire des souhaits pour ces petits agricultures et pour l’agriculture de proximité, je leur souhaite aussi une hausse du nombre d’animaux qu’ils peuvent produire hors quota. Il ne s’agit pas de mettre à terre le système de quota, mais de permettre à de petites fermes aux productions diversifiées d’aller chercher un rendement suffisant dans la production animale et la distribution locale de cette viande. Actuellement le quota pour le poulet est de 300. Il était de 100 il y a quelques mois. C’est une amélioration, mais insuffisante pour permettre à une petite ferme d’être rentable en alimentant le marché local. Le Québec est avec Terre-Neuve la province où la production hors quota est la plus restreinte.

Mon quatrième souhait concerne le combat contre la pauvreté.

Le paradis à la fin de nos jours, c’est bien, surtout si on est croyant. Mais c’est pas une raison pour tolérer l’enfer pour des centaines de nos concitoyens et concitoyennes qui en arrachent tous les jours et qui peinent à rejoindre les deux bouts. La pauvreté n’est pas une fatalité. Elle est le résultat de choix politiques et économiques. C’est une injustice d’en faire porter la responsabilité aux personnes qui la subissent sans tenir compte du contexte socio-économique dans lequel ils sont enfermés. Même si nous avons été invité.es à participer à de nombreuses guignolées, nous devrions souhaiter leur disparition pour cause d’inutilité. Elles ne sont qu’une réponse provisoire et très partielle à un problème qu’il nous faut régler en profondeur par une réelle égalité des chances et un vrai partage de la richesse.

Enfin, mon cinquième souhait concerne la culture.

L’accès à la culture n’est pas une évidence dans notre belle région. Sans être totalement dépourvue d’installations culturelles, de salle de spectacles et d’activités culturelles, la vie culturelle au Bas-St-Laurent gagnerait à recevoir plus de soutien de la part des autorités municipales et gouvernementales. Si vous êtes un amateur de théâtre, vous devez souvent vous payer de petits séjours en ville afin d’assouvir votre passion. Un petit coup de pouce à la vie culturelle de notre région ne serait pas de refus.

Quant à vous, quels seraient vos souhaits pour la nouvelle année ?

 

 

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À propos de l'auteur : Pierre Jobin

Après des études en théologie et en philosophie à l'université Laval, je me suis installé dans le Bas-Saint-Laurent en 1984 pour travailler comme animateur de pastorale, puis animateur de vie spirituelle et d'engagement communautaire dans les écoles du Témiscouata. Ayant été longtemps impliqué dans mon syndicat, j'ai terminé ma carrière comme vice-président de la Centrale des syndicats du Québec, ce qui m'a conduit de 2009 à 2015 à résider à Montréal, mais également à parcourir le Québec. Aujourd'hui à la retraite, je suis de retour à Sainte-Hélène de Kamouraska où j'essaie de me rendre un peu utile dans ma communauté.
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L'auteur(e) de cet article :

Après des études en théologie et en philosophie à l'université Laval, je me suis installé dans le Bas-Saint-Laurent en 1984 pour travailler comme animateur de pastorale, puis animateur de vie spirituelle et d'engagement communautaire dans les écoles du Témiscouata. Ayant été longtemps impliqué dans mon syndicat, j'ai terminé ma carrière comme vice-président de la Centrale des syndicats du Québec, ce qui m'a conduit de 2009 à 2015 à résider à Montréal, mais également à parcourir le Québec. Aujourd'hui à la retraite, je suis de retour à Sainte-Hélène de Kamouraska où j'essaie de me rendre un peu utile dans ma communauté.

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1 commentaire

  1. avatar Par : Éliane Vincent

    Je seconde avec enthousiasme chacun de vos souhaits, cher monsieur Jobin!

    Au point que je compte bien partager votre billet avec deux ou trois politiciens de ma connaissance… Parce que des souhaits comme ceux-là ne peuvent se réaliser que si on y met un peu d’huile de coude.

    Une bonne année à tous les blogueurs et lecteurs du Blogue citoyen du Bas-du-Fleuve!

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