Quand l’art répare des vies

Comment expliquer pourquoi on s’attache tant à un personnage ? Comment expliquer que cette chanson, triste ou rigolote, parvienne toujours à nous faire sentir mieux ? Par quel mystère une peinture abstraite parvient à nous remuer profondément ? Comment une œuvre reflétant la créativité particulière d’une personne peut-elle parvenir à en toucher une autre, une autre qui ignore souvent tout de celle qui l’a émise ?

Si nous ne comprenons pas toujours pourquoi l’art nous touche, plusieurs d’entre nous en avons fait l’expérience. Beaucoup d’entre nous avons au moins une œuvre devant laquelle nous nous sommes extasiés : « c’est tellement moi ! », « je me reconnais là-dedans » ou encore « d’autres gens comme moi existent ». Ce n’est pas pour rien que les communautés minoritaires réclament une plus grande visibilité dans les arts populaires… Paradoxalement, se reconnaître en personnages fictionnels valides notre existence.

L’art peut être ce miroir parlant : il nous renvoie à nous-mêmes tout en nous expliquant à nous-mêmes. Il nous fait sentir moins seuls, plus confiants, plus humains. Il donne accès au-dedans, à ce qui se cache sous la couverture. Il nous prend la main pendant que nous contemplons nos failles et nos bonheurs. Il légitimise nos souffrances comme nos passions. Il crée des liens, le plus souvent sans nécessiter de réelles rencontres entre l’émetteur et le récepteur.

L’art permet aussi d’explorer des réalités qui nous sont étrangères. Il nous permet de réagir sans risquer de blesser l’autre. Il nous permet de prendre le temps de réfléchir face à cette nouveauté. L’art aide à élargir ses horizons et à être mieux outillé pour composer avec les difficultés de l’avenir. J.K. Rowling défendait sa décision de tuer des personnages majeurs dans un livre jeunesse en expliquant que la mort était partie intégrante de la vie et qu’il était pertinent pour les jeunes de l’apprivoiser dans un contexte sécuritaire. Ce n’est pas pour rien qu’on dit que la lecture développe l’empathie !

Mais si j’écris sur ce sujet, c’est surtout pour partager un coup de cœur littéraire pour « Faire œuvre utile : quand l’art répare des vies ». Émilie Perreault n’a pas seulement interrogé des artistes connus sur les plus beaux commentaires qu’on leur a faits sur leur travail, mais également certaines des personnes à l’origine des anecdotes les plus frappantes.

Le livre n’est pas un essai : il ne tente pas d’expliquer comment l’art répare des vies. Il recense des anecdotes qui le prouvent. La lecture est facile à lire et divisée en 21 sections (une pour chaque artiste). Le design, épuré, mais travaillé, plait à l’œil et nous aide à retrouver notre souffle dans ce déluge d’émotion.

Je vous avertis : j’ai eu beaucoup essayé autant comme autant, impossible de lire une histoire sans avoir besoin de mouchoirs ! Un livre touchant écrit par une chroniqueuse culturelle touchée par les histoires des artistes qui ont été touchés par les histoires des gens qui ont été touchés par leur art… Ainsi va le cercle de l’art et de la vie !

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À propos de l'auteur : Geneviève Malenfant

Je suis originaire de l’Abitibi et j’ai fais mes études à Montréal. J’habite Rivière-du-Loup depuis presque 5 ans. Je travaille comme audiologiste (je fais des tests d’audition). Je m’implique auprès des Pétroliques anonymes, un organisme qui lutte conte la dépendance au pétrole, parce que je crois fermement que la meilleure façon de faire faire au plus grand défi de notre ère, c’est ensemble. Je tiens une chronique de littérature jeunesse dans la Rumeur du Loup parce qu’aimer lire, c’est savoir trouver le bon livre, et qu’aimer lire permet d’ouvrir toutes les portes de la vie. Je participe régulièrement au Cabaret Kérouac et j’assiste à de multiples événements culturels parce que la culture, c’est la vie à son meilleur! Je vais donc vous entretenir en vrac des sujets qui me tiennent à cœur: la protection de l’environnement, la promotion de la santé, la culture sous toutes ses formes, l’implication citoyenne, le féministe, etc. Au plaisir de jaser avec vous!
Cet article a été publié sous le thème Arts, culture et patrimoine.
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1 commentaire

  1. J’ai écrit à ce sujet il y a quelques années et je te rejoins dans ta réflexion. L’art nous montre à nous-mêmes. Il nous force à aller au-delà des jugements sommaires qu’on porte sur les autres en nous les montrant de l’intérieur, là où l’empathie est possible, puisqu’au fond, on se ressemble tellement.

    Merci d’en parler encore et encore, et merci aux artistes d’être notre miroir.

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