La terre a perdu la boule

La Terre a perdu la boule

Des feux de forêt dévastateurs qui enflamment des quadrilatères entiers en zone urbaine : ce fut le cas en Californie, en Grèce et en Espagne. En Irlande, les autorités ont dû recouvrir les routes de gravier pour éviter que le bitume ne fonde. Chez nous, la Colombie-Britannique a décrété l’état d’urgence et procédé à l’évacuation de milliers de citoyens après que des dizaines de feux eurent rasé des immeubles entiers. La superficie de forêt détruite par le feu dépasse maintenant le record établi l’été dernier. Selon les experts du centre d’urgence, on parle de plus 21 000 km2 de terres brûlées durant les deux dernières années. Un peu partout sur la planète, la saison estivale fut chaude et humide, mais sans pluie ou presque. Nous établissons des records de températures chaudes et les prévisions à court et moyen termes nous permettent d’envisager que, loin de s’améliorer, les conditions vont empirer. La température globale à la surface de la terre a augmenté de 0,65 °C en cent ans, puis de presque autant à chacune des trois dernières décennies. Dans le Grand Nord canadien, le passage est maintenant libre et, très prochainement, il y aura une circulation maritime importante tout là-haut entraînant une menace supplémentaire pour les écosystèmes déjà fragilisés par la hausse de la température. Nous devons réduire nos émissions de GES, nous le savons. Les groupes de scientifiques affectés à la recherche sur le réchauffement de la planète et des changements climatiques qui en découlent tirent la sonnette d’alarme depuis belle lurette. Mais, au-delà de nos émissions de GES, c’est tout le modèle socio-économique qui nous assure un certain confort depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale que nous devons changer. La production de biens de consommation augmente sans cesse et elle augmente d’autant plus que la qualité de ce que nous produisons est moindre et, dans certains cas, avec une durée de vie programmée. Le résultat : des produits qui durent moins longtemps et qui ne sont pas ou peu récupérables augmentant la quantité de déchets. Le commandant Cousteau nous avait mis en garde contre les océans de plastique il y a un bon moment déjà, et bien nous y sommes… Nous avons besoin de femmes et d’hommes qui comprennent les enjeux écologiques et la gravité de la crise planétaire actuelle. Loin de moi l’idée de sombrer dans la déprime, mais avouons que la démission du ministre français de la Transition écologique fait mal.

«Petit à petit, on s’accommode de la gravité et on se fait complice de la tragédie qui est en cours de gestation.»Nicolas Hulot

«Si nous voulons sortir de l’engrenage carbonique qui contribue à la recette de notre destruction, c’est collectivement qu’il faudra agir. En exigeant plus de nos dirigeants et de nous-mêmes. En acceptant que pour le bien de tous, il faut accepter d’être moins individualistes. » Nicolas Hulot

Ces changements climatiques entraînent de manière récurrente des épisodes météorologiques extrêmes : des séquences événementielles qui précipitent des millions d’êtres humains vivant déjà dans la précarité dans des situations mortelles. Toutes ces vagues de migration qu’entraîne la pauvreté et le manque de sécurité que provoque la violence de certains régimes politiques atteignent maintenant un niveau sans précédent. La crise politique et économique que connaît actuellement le Venezuela est éloquente dans la démonstration de ce phénomène. L’an dernier, 160 000 Vénézuéliens ont fuit vers le Chili. Au moment d’écrire ces lignes, 90 % de la population vit sous le seuil de la pauvreté. Le Brésil et le Pérou ont mobilisé leurs forces armées respectives le long des frontières avec le Venezuela afin de refouler les migrants. Pour illustrer la misère et le désespoir que vivent ces gens, la SRC a présenté un reportage où nous pouvions suivre la progression de ces migrants du Sud vers le Nord jusqu’à un passage très étroit situé dans le Chiapas au Mexique où nous retrouvons une quantité de serpents, de mille-pattes et d’araignées tous très venimeux, mais le plus mortel des pièges est sans doute l’homme pour l’homme : les passeurs, les brigands et les violeurs de tout acabit. Un train de marchandise sur le toit duquel on monte ou encore entre les wagons, on surnomme ce train «la bestia» ou le train de la mort. Cela nous rappelle les trains du Troisième Reich, les migrants sont prêts à affronter tous les dangers pour arriver au Nord où ils croient qu’ils retrouveront la paix et surtout la fin de la misère.

Des vagues migratoires, nous en verrons jusqu’à plus soif parce que la misère qui frappe ces pauvres gens ne va pas diminuer, bien au contraire. Le Président Trump y trouvera sans doute de quoi alimenter la construction d’un mur tout autour de SA nation…

Le commandant Cousteau disait que les solutions sont utopiques, mais qu’il fallait croire à l’utopie. Selon certains scientifiques, nous avons franchi le point de non-retour. Selon d’autres, nous y sommes presque et il y encore beaucoup de climato-sceptiques pour qui tout cela n’est que fake news. Alors, les jeux sont faits. Rien ne va plus. Faites votre choix…

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À propos de l'auteur : Pierre Lachaine

Je suis un marin et un historien dans l'âme. Montréalais d'origine, j'ai vécu le Montréal communautaire des petits quartiers tissés serrés et solidifiés à l'huile de Saint-Joseph. J''aime bien les voyages dans le temps, les retours dans le passé, les introspections au présent et les projections dans le futur. Voilà ce que je vous propose bien humblement, partager avec vous mes réflexions, mes espoirs et mes coups de cœur sur l'ensemble des activités humaines dans la spirale temporelle. Pierre Lachaine
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