Faire la paix avec la guerre

Faire la paix avec la guerre

C’est le titre d’un documentaire du réalisateur André Dalencour disponible en balado découverte ou sur ici.tou.tv qui relate l’histoire de quatre anciens militaires canadiens déployés en Bosnie en 1993 dans le cadre d’une mission des Casques bleus. Inutile de vous rappeler que nous étions à ce moment-là en pleine guerre dans ce qui était l’ancienne Yougoslavie.  Les quatre ex-militaires retourneront en Bosnie pour essayer de comprendre et surtout de panser les plaies.  Ce documentaire m’a profondément touché par son humanisme et peut-être aussi parce que je suis moi-même un ancien militaire. Peut-être aussi parce que ma fille Jennifer était à Zahgreb en Croatie cet été pour y jouer et prononcer une conférence dans le cadre du 18e congrès international du saxophone, elle n’aurait pas aimer y être vingt-cinq ans plus tôt.

Faire la paix avec la guerre est une expression qui est revenue beaucoup dans l’actualité en raison du 100e anniversaire de l’Armistice qui mettait fin à la Première Guerre mondiale. Le nombre de personnes (civiles et militaires) portant des séquelles s’élèvent à plus de 40 millions, 20 millions de morts et 21 millions de blessés. Le président de la France durant son discours à l’occasion du centenaire de l’Armistice mentionnait qu’un milliard d’obus sont tombés sur le seul sol français durant cette guerre. Une guerre à la suite de laquelle on a dit «plus jamais».

Pourtant, un peu plus d’une décennie plus tard, on remettait ça! Les mouvements fascistes reprenaient de l’ampleur en Allemagne, en Espagne et en Italie notamment et 21 ans après l’Armistice, on mettait la table pour une autre tuerie de masse, la Deuxième Guerre mondiale. Une guerre encore plus destructrice que la première, l’évaluation oscille entre 50 et 85 millions de morts selon les historiens. Une autre guerre à la suite de laquelle on a dit «plus jamais».

Aujourd’hui 11 novembre 2018 à l’occasion des cérémonies de commémoration en France, la majorité des représentants européens, entre autres, le président de la France Emmanuel Macron, la chancelière de l’Allemagne Angela Merkel, le Secrétaire général des Nations unies Antònio Guterres et plusieurs chefs d’États européens font état de la montée du populisme, du racisme, de l’anti-sémitisme et de l’extrémisme de droite sous plusieurs formes actuellement en Europe. Le Secrétaire général de l’ONU avançait même l’existence possible d’une espèce de filet invisible reliant les épisodes extrémistes les uns aux autres comme cela s’était produit pour la Deuxième Guerre mondiale et sans que les États puissent l’empêcher. Évidemment, il s’agit là d’une hypothèse alarmiste certes et au demeurant difficile à mesurer mains néanmoins inquiétante…

Comme c’est devenu son habitude et sa marque de commerce à l’occasion des rencontres internationales, le président américain ne s’est pas fait d’amis. Cependant, l’élection de mi-mandat de la semaine dernière nous révèle des faits indéniables et inquiétants. Alors que les dirigeants européens, presque d’un commun accord s’entendent pour souligner et déplorer la montée de l’extrémisme dans leurs pays respectifs, les États-Unis sont dans la même dynamique politique. En effet, après le retour des démocrates à la barre de la Chambre des représentants, de nombreux analystes soulignent que la tendance forte que l’on identifie au courant ethno-nationaliste était là pour rester. Plusieurs sympathisants démocrates attendaient une vague bleue qui aurait pulvérisé les républicains de la Chambre des représentants et du Sénat. Force est de constater que le président a perdu des plumes mais il a toujours le Sénat derrière lui. Des historiens et politicologues de plusieurs universités américaines affirment que l’opposition acerbe qui prévaut en ce moment entre les Américains n’a pas de commune mesure sauf peut-être si l’on remonte à la période 1861-1865, la guerre civile américaine. Rappelons que le président Trump a fait toute la campagne de mi-mandat sur l’immigration, la vague de migrants et la caravane venue d’Amérique du sud qui est toujours en progression vers les États-Unis. Cinq mille militaires américains sont très près de la frontière du Mexique et le président à promis d’en ajouter dix mille de plus.

Maintenant, je vous propose un petit jeu. Appelons cela le jeu de la superposition d’informations. Un peu comme des cartes transparentes placées les unes sur les autres. D’entrée de jeu, vous mettez en place la situation politique représentant la montée de l’extrémisme toute nature confondue. À cela, vous ajoutez les problèmes liés à l’environnement, les épisodes météorologiques extrêmes, la Californie brûle encore je vous le rappelle. Et puis,vous superposez la question des migrants, c’est un problème grandissant et qui se manifeste maintenant dans tous les coins de l’Occident. En gros, des gens qui fuient la misère, l’insécurité et la violence et qui portent leur regard vers des cieux plus cléments, là où il est encore possible de trouver du travail et de nourrir sa famille, là où il semble que l’on a fait la paix avec la guerre…

J’aimerais beaucoup recevoir vos commentaires. Ce petit jeu que je vous propose, peut-on prévoir vers où cette superposition d’informations nous mènera?

J’apprécie énormément le privilège d’être en mesure de vous écrire et je vous remercie de votre soutien en tant que lecteur!

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À propos de l'auteur : Pierre Lachaine

Je suis un marin et un historien dans l'âme. Montréalais d'origine, j'ai vécu le Montréal communautaire des petits quartiers tissés serrés et solidifiés à l'huile de Saint-Joseph. J''aime bien les voyages dans le temps, les retours dans le passé, les introspections au présent et les projections dans le futur. Voilà ce que je vous propose bien humblement, partager avec vous mes réflexions, mes espoirs et mes coups de cœur sur l'ensemble des activités humaines dans la spirale temporelle. Pierre Lachaine
Cet article a été publié sous le thème Politique.
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1 commentaire

  1. avatar Par : Raymond Cadrin

    Bon texte Pierre,avec un mélange d’informations pertinentes et un coté personnel…
    Ta superposition de différentes réalités du contexte actuel, demeure particulièrement explosive, principalement aux États-Unis…mais il ne faut pas se croire à l’abri de l’extrémiste de droite présent actuellement dans toute société. Vaut mieux plus d’ouverture aux autres, et que ceux-ci ne soient pas perçus comme une menace!

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