Tempête vous dites tempête…

Tempête vous dites tempête…

Le 4 mars 1971, une violente tempête s’abattait sur le Québec et les provinces maritimes laissant derrière elle près de 50 centimètres de neige. Cette neige s’ajoutait aux 56 centimètres provenant de tempêtes précédentes, rendant la circulation impossible. Cette semaine, la première chaîne de la SRC diffusait l’enregistrement d’un message radio provenant du maire de Montréal Jean Drapeau. Sur un ton calme, il recommandait à la population montréalaise ainsi que de la grande agglomération de rester à la maison, «N’allez pas rouler dans le trouble». Rappelons-nous qu’il y a 45 ans, Internet n’existait pas, la technologie cellulaire non plus. Cet épisode météorologique extrême avait pris au moins trente vies dont 17 à Montréal. La plupart des décès étaient survenus à la suite de crises cardiaques directement liées au «sport de la pelle» ou encore par épuisement parce que des citoyens avaient décidé de se rendre à la maison à pied. Quatre personnes étaient décédées par asphyxie dans leur voiture. Avons-nous tiré des leçons de ce passé somme toute pas si lointain?

Mercredi dernier, soit le 16 mars 2017, une tempête similaire nous frappait de plein fouet. Quelques centimètres en moins mais propulsés par des vents de vélocité similaire, entraînant la fermeture de grands axes routiers, l’A-20 et la route 132 de Lévis jusqu’aux confins de la gaspésie. Cette fois-ci, la grande faucheuse a pris huit vies. Aucun de ces décès n’est survenu à la suite du «zèle de la pelle». Est-ce une coïncidence ou récoltons-nous les bienfaits de l’enseignement et de l’information en matière de maladies cardiaques? Les autorités constatent que deux personnes sont décédées dans leur camion, probablement par asphyxie, les autres à la suite de collision avec des véhicules de déneigement et enfin un homme retrouvé mort dans sa voiture et dont on ignore les causes pour le moment. Quels sont donc les points communs entre ces deux épisodes de météo extrême séparés par plus de quatre décennies? Tout d’abord, l’absence d’un plan d’urgence au sein des entreprises, toutes les entreprises, peu importe le nombre d’employés-es. En plus de moyens de communication sophistiqués, nous disposons d’informations météorologiques généralement fiables et très précises. Combien sommes-nous à avoir reçu des alertes de tempête hivernale sur nos téléphones ou tablettes? Cette tempête était prévue depuis trois jours. Il devenait dès lors relativement simple de s’y préparer. Les grands axes routiers fermés, c’est un signal plutôt clair. Est-il possible que l’on puisse imaginer se poser la question je me rends au travail ou pas?

Les plans d’urgence en entreprise ne devraient plus dépendre du niveau de sensibilité sociale des patrons et des dirigeants mais plutôt d’un cadre légal précis avec des dents pour convaincre les récalcitrants. À cette tragédie, nous devons ajouter l’incurie du gouvernement Couillard. Depuis son élection, nous accumulons les déceptions à la suite de décisions douteuses voire totalement incompréhensibles mais là ils se sont surpassés. Le Québec est un pays nordique qui, de par son histoire et ses traditions, n’a de leçon à recevoir de personne du moins pas en matière de déneigement. Un poète bien de chez nous parlait d’un «pays de prêtres et d’icebergs». Et bien, cette année, la grippe est très forte puisqu’elle enrhume, embrume les cervelles libérales à l’assemblée nationale. Le gouvernement Couillard nous a habitué à toutes sortes de frasques, un ministre dont le pantalon se retrouve au sol en un rien de temps n’arrive même plus à nous surprendre, mais là, s’enfarger dans une tempête, c’est à vous geler le «dedans pathétique».

Si la température avait été inférieure de dix degré, quel bilan aurions-nous des événements du blocage de l’A-13? Une telle situation dénote de l’incompétence, évidemment, mais également du mépris à l’égard des citoyens et cela est particulièrement difficile à vivre. Des gens sont demeurés coincés dans leur voiture pendant plus de treize heures et se sont vu remettre une facture de 218 $ pour les frais de remorquage. Bien sûr, le gouvernement s’est empressé de dire qu’il assumerait les coûts mais le mal était fait. Je réalise maintenant, hélas, que l’incompétence, l’arrogance et le mépris ne sont pas toujours aussi loin que l’on pense. On retrouve tous ces ingrédients parfois même dans notre propre milieu de vie! Mais il faut faire preuve de courage, le mépris n’aura qu’un temps! Rappelons que pour certaines administrations, non seulement la sortie est toute proche mais incontournable, incontestable et irrémédiable…

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À propos de l'auteur : Pierre Lachaine

Je suis un marin et un historien dans l'âme. Montréalais d'origine, j'ai vécu le Montréal communautaire des petits quartiers tissés serrés et solidifiés à l'huile de Saint-Joseph. J''aime bien les voyages dans le temps, les retours dans le passé, les introspections au présent et les projections dans le futur. Voilà ce que je vous propose bien humblement, partager avec vous mes réflexions, mes espoirs et mes coups de cœur sur l'ensemble des activités humaines dans la spirale temporelle. Pierre Lachaine
Cet article a été publié sous le thème Politique.
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