Protégez votre communauté, vaccinez votre enfant!

Noël, fin des années 60. Un grand frère apporte un morceau de bûche à sa sœur. Malade depuis la dernière semaine de classe, la petite refuse d’en avaler un seul morceau. Heureusement pour cette fois, l’histoire se terminera bien. Elle ne manquera encore que la première semaine de classe et s’en tira sans séquelle.

Néanmoins, la femme en gardera un souvenir suffisamment désagréable pour faire vacciner sa propre fille. Celle-ci ne figurera donc pas parmi les 10 000 enfants infectés lors de la dernière épidémie en 1989 (merci maman!). Ce ne fût toutefois pas le cas de tous les enfants québécois ayant contracté la rougeole. Lors de la dernière épidémie en 1989, 656 enfants durent être hospitalisé dont 10 pour une encéphalite. 7 en sont décédés.

Pourquoi je vous raconte tout ça? Parce que la rougeole revient doucement dans les pays industrialisés où de petits groupes de parents refusent la vaccination (éclosions en 2007, 2011 et 2015 au Québec). Même si la situation n’est pas actuellement catastrophique, il s’agit tout de même d’une question importante de santé publique dont il faut parler.

Quelques notions de base

La signification du mot « éradiquée « 

La rougeole était considérée comme éradiquée au Québec. Alors pourquoi revient-elle? Il faut comprendre que le mot éradiqué dans ce contexte ne signifie pas que le virus est inexistant. Cela signifie simplement que le risque de contracter la maladie est considéré faible. Si les gens cessaient d’être vaccinés, ils l’attraperaient!

La notion d’immunité de masse

Plusieurs groupes de personnes ne peuvent pas être vaccinés : les enfants trop jeunes, ceux dont le système immunitaire est affaibli par une maladie grave ou ceux qui ont eu des réactions au vaccin. Leur santé repose donc sur ce que l’on appelle l’immunité de masse. Plus les gens choisissent de faire vacciner leurs enfants, moins les gens non vaccinés risquent d’être en contact avec le virus.

Jusqu’à présent, le taux de vaccination était jugé sécuritaire si 95% de la population était vaccinée. Or, les nouveaux cas d’éclosion démontrent qu’il est possible que le seuil minimal soit élevé qu’on ne le pensait.

La rougeole est particulièrement contagieuse. Une personne infectée contaminera facilement 12 à 18 autres personnes. Il est donc essentiel que toute personne non protégée soit informée de la présence d’un malade à proximité.

La vaccination n’est par conséquent pas seulement un choix personnel. C’est une question de santé et même de survie pour plusieurs enfants qui n’ont pas le luxe de choisir pour eux-mêmes.

Les risques (et les risques prétendus) de la vaccination

Vaccins et autisme

Ce point pourrait faire l’objet d’une chronique à lui seul… La croyance origine d’une seule étude… qui représente malheureusement un des plus beaux cas de fraude scientifique de l’histoire. Son auteur a d’ailleurs reconnu en cour avoir falsifié les résultats. Il a été radié de façon permanente. Le texte original avait quant à lui été retiré.

Mais bien avant que l’affaire ne passe devant les tribunaux, cette étude n’avait pas réussi le test de la révision par les pairs. Il existe des critères pour départager une bonne d’une moins bonne étude. Disons simplement que de nombreuses failles avait été signalées rapidement au sujet de cet article….

En science, pour affirmer que quelque chose est vrai, il faut aussi que plusieurs chercheurs puissent obtenir les mêmes résultats chacun de leur côté. Or, cette étude a été faite à plusieurs reprises sur des milliers d’enfants sans que le moindre lien entre vaccin et autisme ne soit détecté…

Il est probable que les vaccins semblent être en cause simplement parce que les signes de l’autisme apparaissent dans le temps où sont donnés les premiers vaccins. Les parents qui cherchent une cause dans leur environnement peuvent être alors tenté de faire de faire le lien (ce qui est compréhensible, mais tout de même faux).

Le mercure

Plusieurs personnes s’inquiètent du fait qu’un composé du mercure, le thimérosal, soit utilisé pour la conservation des vaccins. Or, il faut savoir que cet éthyl-mercure ne se comporte pas comme le mercure pur. Les études ont prouvé que ce composé ne causait aucun problème à la santé humaine. Néanmoins, les vaccins donnés au Québec n’en contiennent plus depuis 2001.

Trop de vaccins?

Il existe une croyance voulant que les enfants reçoivent[G1]  trop de vaccins trop rapidement. Plusieurs parents décident donc de réduire le nombre de vaccins reçus à chaque visite, d’espacer les visites, de sélectionner seulement certains vaccins ou de ne pas faire les rappels. Certains enfants vont donc passer une longue période (parfois jusqu’à l’âge de 10 ans!) sans être protéger contre certaines maladies.

Il faut savoir que s’il y a effectivement plus d’injections qu’avant, la dose injectée, elle, a été réduite.  La dose supplémentaire sert à protéger le petit pourcentage de gens pour qui l’immunité ne se maintient pas à vie après une seule dose. De toute manière, la dose totale d’antigène demeure minuscule par rapport à tout ce à quoi un enfant est exposé chaque jour.

Cette tendance viendrait (ou serait renforcée) par le livre d’un docteur qui propose des calendriers de vaccination alternatifs. Le problème? Ce docteur reconnait lui-même que son livre n’est basé sur aucune donnée scientifique…

Néanmoins, les chercheurs continuent tout de même de faire des études sur le sujet. Pour l’instant, les études sérieuses continuent de montrer que les vaccins sont sécuritaires si on suit le calendrier recommandé.

La maladie de Guillain-Barré et l’encéphalite

Des troubles neurologiques causés par un vaccin sont effectivement possibles. Les cas sont toutefois rares et plus rares que pour la maladie.  À titre comparatif, les risques d’encéphalite causée par le virus de la rougeole sont de 1 sur 1000 environ. Ceux suite au vaccin sont de 1 sur un million environ. Il est donc moins risqué de se faire vacciner.

Choc anaphylactique

Certaines personnes peuvent avoir une réaction allergique au vaccin. C’est pourquoi des questions sur les allergies sont généralement posées avant l’injection et pourquoi il faut attendre 15 minutes avant de quitter. Le risque est tout de même de moins de 1 par 1 million.

Les risques de ne PAS se faire vacciner

La rougeole n’est pas une forte varicelle, il s’agit d’une maladie potentiellement mortelle! Avant, les gens constataient par eux-mêmes les effets de cette maladie. Mais maintenant, tout cela est (heureusement) bien abstrait. Or, comment prendre une décision éclairée quand on ne sait même pas contre quoi on se protège?

La rougeole peut causer une otite, de la diarrhée, une pneumonie (1 cas sur 10) et une encéphalite (1 cas sur 1000). L’encéphalite peut entraîner des convulsions, de la surdité permanente et des lésions permanentes au cerveau. Il existe une forme sévère, la panencéphalite sclérosante subaiguë (PESS), qui entraîne la mort dans 1 à 2 cas sur 1000. Il n’existe pas de traitement spécifique, bien que l’on puisse traiter plusieurs symptômes.

Mes sources

Statistiques québécoises : http://www.msss.gouv.qc.ca/professionnels/maladies-infectieuses/rougeole/

Statistiques sur les conséquences de la rougeole et risque d’encéphalite avec le vaccin: file:///C:/Users/Utilisateur/Downloads/measles-mumps-rubella-francais.pdf

Statistiques sur les risques de choc anaphylactique : http://www2.gnb.ca/content/dam/gnb/Departments/h-s/pdf/fr/MaladiesTransmissibles/Vaccin/RRO.pdf

Taux de propagation de la rougeole : http://www.sciencepresse.qc.ca/actualite/2015/02/09/rougeole-strategies-gagnantes-virus

Questions sur l’immunisation du gouvernement du Canada

Vidéos expliquant l’immunité de masse : https://www.youtube.com/watch?v=UqKP-ETVvrc https://www.youtube.com/watch?v=ZuiHFg_nfnE

Un résumé de la question écrit par des spécialistes de la question : http://www.sciencepresse.qc.ca/blogue/2011/07/06/retour-force-rougeole-quebec

Un résumé en bédé sur les vaccins en général :

http://lepharmachien.com/vaccins/

Un vidéo humoristique sur les vaccins aux États-Unis (en anglais) :

https://www.youtube.com/watch?v=yUCjR8ltkH4


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À propos de l'auteur : Geneviève Malenfant

Je suis originaire de l’Abitibi et j’ai fais mes études à Montréal. J’habite Rivière-du-Loup depuis presque 5 ans. Je travaille comme audiologiste (je fais des tests d’audition). Je m’implique auprès des Pétroliques anonymes, un organisme qui lutte conte la dépendance au pétrole, parce que je crois fermement que la meilleure façon de faire faire au plus grand défi de notre ère, c’est ensemble. Je tiens une chronique de littérature jeunesse dans la Rumeur du Loup parce qu’aimer lire, c’est savoir trouver le bon livre, et qu’aimer lire permet d’ouvrir toutes les portes de la vie. Je participe régulièrement au Cabaret Kérouac et j’assiste à de multiples événements culturels parce que la culture, c’est la vie à son meilleur! Je vais donc vous entretenir en vrac des sujets qui me tiennent à cœur: la protection de l’environnement, la promotion de la santé, la culture sous toutes ses formes, l’implication citoyenne, le féministe, etc. Au plaisir de jaser avec vous!
Cet article a été publié sous le thème Santé et mieux-être.
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1 commentaire

  1. Merci pour cet exposé limpide et convaincant.
    Pour la rougeole, le choix est facile à faire. Mais pour les parents, il est parfois difficile de comprendre pourquoi un minimum de prophylaxie est nécessaire. C’est pourquoi des messages comme le vôtre sont si utiles.
    Mais je reste encore perplexe devant certaines campagnes de vaccination épisodiques qui éteignent à coups de millions la crainte de pandémies que les statistiques ne justifient absolument pas. Les médias, sociaux et autres, sont parfois – même sans malice – des amplificateurs auprès du grand public quand surgissent quelques cas d’une maladie angoissante.
    Pas facile de faire la part des choses entre l’appétit des pharmaceutiques et la santé publique!

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