Détrompez-vous

Avec le printemps, on sort de notre tanière.

Dans les hauts comme sur le bord du fleuve, l’hiver nous permet de nous découvrir, d’échanger.

Dans nos rangs se cachent des personnages,

Potière géante dans une maison de poupées,

Poète en germination,

Luthier d’hiver.

 

Dans nos villages se cachent des savoirs, indispensables, insoupçonnés.

La plaine rougit la première à l’automne,

La courte-pointe rétrécit si le fil est trop collé,

La morille ne sort qu’avec la fraise des champs.

 

Des cyclistes d’hiver de fond de forêt aux femmes fendeuses de bois lectrices d’espace,

 

Ces gens-là sont les héritiers directs de ceux qui ont défriché nos terres

Ceux qui ont regardé des forêts d’épinettes et qui ont enlevé chacune de ces racines, chacune de ces pierres

Pour pouvoir y vivre, pour pouvoir s’y nourrir

 

Ces gens-là sont les voisins directs de peuples, qui depuis 150 luttent contre leur assimilation,

 

Si vous pensez qu’abdiquer c’est dans leurs gênes, vous vous trompez…

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À propos de l'auteur : Gabrielle Lemarier

J'aime les humains. Fascinée par les interactions entre eux, je tente l'expérience de mettre des mots sur des émotions, des ressentis, des observations. La ruralité m'intrigue. Tapie dans ses champs et dans ses forêts, elle est pourtant bien debout, bien forte.
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2 commentaires

  1. Non seulement nous sommes les descendants des décfricheurs, mais il ne faut jamais oublier que nous sommes les défricheurs de ceux qui viendront après nous.

    Si nos prédecesseurs ont «fait de la terre» et bâti des villages, nous avons la mission de trouver des façons de vivre en dehors de la machine, de maintenir l’autarcie indispensable hors des grands centres, de reconnaître la richesse de la terre qui nous nourrit comme elle a nourri les pionniers, pour peu qu’on la traite avec égards et avec amour.

    Pour qu’il y ait encore des poètes comme toi qui puissent la chanter à ceux qui y vivront.

  2. avatar Par : Malenfant

    Que j’aime cette poésie …
    Merci pour cette plume visuelle!

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