L’école, ah! oui

La Presse publiait il y a quelques semaines un éditorial de Pascale Breton, qui a été suivi d’une lettre ouverte de François Legault. Le sujet en était la nouvelle tendance en matière d’éducation : l’école 4-18. Tout est dans le thème, il s’agit de rendre l’école obligatoire entre 4 et 18 ans.

Qu’est-ce qui ne va pas avec le modèle actuel? Si l’on se compare, on voit que les provinces ayant adopté le modèle 4-18 ont vu leur taux de décrochage diminuer significativement. On peut ajouter que l’entrée précoce à l’école permet de repérer les élèves plus vulnérables et d’amorcer très tôt un suivi bénéfique pour la persévérance scolaire.

Au-delà de la formule

Les médias ont abondamment souligné l’importance qu’accorde monsieur Legault au soutien à la formation professionnelle : « La formation professionnelle au secondaire offre de bonnes perspectives d’avenir. Mais on ne la valorise pas suffisamment. On préfère former des décrocheurs sans diplôme plutôt que des travailleurs avec diplôme. »

La formule est belle. La cause également. Les Carrefours jeunesse-emploi ont fait la preuve qu’un soutien rapproché peut offrir un départ solide à des adolescents qui ont du mal à suivre le programme tel que notre système scolaire le propose. Tel que notre système scolaire le propose? Je m’interroge : est-il donc si performant, ce système, qu’il suffirait de le prolonger de trois années sans le modifier? Le sujet mérite réflexion.

Je souhaite que les intellectuels qui se pencheront forcément sur la question s’interrogent sur l’acquisition des compétences de base en lecture et en calcul dans les premières années du programme scolaire. Je souhaite qu’on s’interroge sur l’acquisition de compétences de base en méthodologie, en pensée critique et en raisonnement au secondaire. Je souhaite que l’école soit généraliste et que les enfants y soient exposés à de nombreux champs de la pensée des humains : la science, la philosophie, les arts, le compagnonnage ne sont pas des caprices. Ce sont les piliers… de tout le reste.

Alors l’école de 4 à 18 ans, je veux bien. Mais j’aimerais aussi qu’on me parle du contenu qu’on versera dans ce beau contenant tout neuf.

Ajout

Je suis tombée ce matin sur ce texte du professeur de philosophie Réjean Bergeron.

Les lunettes de réalité augmentée

Il n’y a pas de hasard.

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À propos de l'auteur : Éliane Vincent

Je viens de la ville. La grande, la mal-aimée : Montréal. J'en garde de fort beaux souvenirs mais c'est au Kamouraska, où la vie m'a fait le bonheur de m'appeler, que j'ai compris les vraies affaires : la vie ensemble, les voisins, le pays, la beauté, le respir. Depuis toute petite, je suis sur la clôture. Jamais dans une gang, jamais dans l'autre, toujours en marge, à essayer de comprendre le pourquoi de tout. Je lis, j'écoute, je regarde et, si vous le permettez, je partagerai avec vous ce que tout m'inspire. On s'asseoira ensemble sur la clôture...
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Depuis toute petite, je suis sur la clôture. Jamais dans une gang, jamais dans l'autre, toujours en marge, à essayer de comprendre le pourquoi de tout. Si vous le permettez, je partagerai avec vous ce que tout m'inspire. On s'asseoira ensemble sur la clôture...

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12 commentaires

  1. avatar Par : Michel Hudon

    Oui, le contenu…
    On va encore bien faire attention de ne pas leur enseigner leur histoire. Ça forme des maudits indépendantistes !
    On va aussi encore leur bourrer le mou avec les sottises du cours d’Éthique et culture religieuse pour bien les endoctriner au multiculturalisme, leur faire croire que la religion c’est bon pour la santé, et les induire à accepter les accommodement religieux les plus absurdes.

    • avatar Par : Éliane Vincent

      Pour la culture religieuse, tu te doutes bien que je suis d’un avis différent. Il me semble que connaître toutes les manières qu’ont eues les humains de gérer leur soif d’Absolu est la meilleure façon de se forger un agnostisme lucide. C’est valable aussi pour la politique!

  2. avatar Par : norbert spehner

    A une époque où il est plus difficile de dénicher un bon plombier qu’un pseudo-philosophe, où mon garagiste peine à trouver de la main d’oeuvre qualifiée, il serait peut-être temps de revaloriser les vrais « métiers » plutôt que de fabriquer à la chaine des pseudo-intellectuels, commentateurs et autres gérants d’estrade incapables d’écrire trois phrases correctes sans fautes. Mais je dis ça…Et surtout; retour à la base, soit écriture, lecture et calcul et Histoire, la grande négligée de l’école québécoise. On peut rêver…

    • avatar Par : Éliane Vincent

      Cher ex-prof, tu en connais un rayon sur le sujet, merci de partager avec nous! Et si on formait plein de plombiers avec juste quelques notions de philo pour aider à vivre? Rêvons.

  3. avatar Par : Marie Marchand

    Encore faut-il intéresser les jeunes avec un contenu qui aiguise leur curiosité. Sinon, ce sera du temps perdu…

    • avatar Par : Éliane Vincent

      Aiguiser leur curiosité bien sûr, mais aussi leur donner le goût de l’effort, du dépassement. Ce n’est pas vrai que c’est facile et amusant d’apprendre. Et pourtant, j’ai encore en mémoire certains profs qui nous donnaient envie de travailler dur, tant les résultats étaient riches au bout de l’effort…

  4. avatar Par : André Bonsang

    Elianeke wrote : « Alors l’école de 4 à 18 ans, je veux bien. Mais j’aimerais aussi qu’on me parle du contenu qu’on versera dans ce beau contenant tout neuf. »

    Dommage que ce soit ta dernière phrase, j’eus préféré que ce fût la première`d’un texte où tu eusses expliqué ce que devait contenir ce con-tenant … en deux mots, si, si … pour ne pas dire Sicile la belle île qui, rappelons-le fit partie du royaume de Naples et des deux Siciles !
    Et viva l’Italia : Gina, Sofia, et … Liana.
    Tiens, connais-tu la joke avec ton nom : « 20 – 100 – 1000 âne dans un pré et 100 – 20 dans l’autre. Combien de pattes en tout ? Réponse : 6 (Vincent mit l’âne dans un pré et s’en vint dans l’autre. »

    • avatar Par : Éliane Vincent

      Eh oui, je connaissais le gag! Pour le contenu, je suggère quelques pistes, mais comme je n’y connais rien, je m’abstiens de jouer la gérante d’estrade. Ceux qui sont sur le terrain ou qui l’ont été, comme vous et ce cher Norbert, sont beaucoup plus compétents que moi dans ce dossier! Merci à ce blogue d’ailleurs, de m’offrir une tribune pour ouvrir une discussion avec eux.

  5. Merci pour ton texte! Tu te poses les mêmes questions que je me suis posées quand j’ai vu l’annonce. Parce que cela a l’air beau comme ça, mais j’ai tout de suite pensé à mon petit frère qui s’est traîné de peine et de misère jusqu’à ses 16 ans d’obligations scolaires pour en sortir en courant. Parce que le système d’éducation ne lui convenait pas, qu’il y était malheureux, qu’il ne comprenait rien. Il a aujourd’hui un boulot qui lui plait d’ailleurs. Alors 18 ans, oui, mais avec une réflexion sur le contenu, des filières professionnelles (avec du contenu généraliste bien sûr) et des passerelles de l’un à l’autre. Parce qu’on sait bien qu’appliquer la même recette pour tous, cela ne marche pas!

    • avatar Par : Éliane Vincent

      Ton idée de passerelles entre les contenus est inspirante. Imaginons un prof de plomberie émailler ses propos de réflexions inspirées d’une tuyauterie… L’élève qui assimile dans la même journée la lecture de plan, la chute de l’Empire romain, les risques sanitaires de l’usage du plomb pour les canalisations et les effets du saturnisme sur l’organisme humain. La plomberie, l’histoire et la bio réunis. Rêvons.

  6. avatar Par : Pierre Jobin

    Le 4 à 18 ans, cela n’est pas magique. S’il est vrai qu’une intervention précoce peut-être bénéfique particulièrement pour les enfants de milieu défavorisé, cela ne passe pas nécessairement par la scolarisation. Des services de garde éducatifs de bonne qualité peuvent avoir un effet encore plus bénéfique. À la pré-maternelle, à la maternelle et dans les services de garde, il faut garder une approche ludique au programme éducatif. Personnellement, je pense qu’il est plus important d’intervenir tôt et massivement que de prolonger la scolarisation jusqu’à l’âge de 18 ans. Si on ne change pas certaines façons de faire, l’école obligatoire jusqu’à 18 ans ne fera que prolonger le supplice des élèves en difficulté sans nécessairement augmenter le taux de réussite.

    • avatar Par : Éliane Vincent

      Merci pour ce point de vue très éclairant qui enrichit notre réflexion!