1 exposition et 12 mois de suggestions littéraires

À vous qui souhaitez un monde meilleur , j’ai envie de vous suggérer une exposition inspirante en ce jour de festivités: 25 X la révolte.

Le cinéaste engagé Hugo Latulippe propose ici une exposition documentaire sur 25 mouvements citoyens survenus depuis 1989. L’exposition contient 18 entretiens filmés proviennent de militants de première ligne, rencontrés autant au Canada qu’ailleurs dans le monde. Il ajoute 7 autres événements racontés au travers de textes et photographies, pour fournir un portrait complet des luttes de notre époque.

Le visiteur est d’abord accueilli par des citations choisies imprimés sur le faux mur de brique de l’entrée, évoquant la chute du fameux mur de Berlin. Quelques banderoles et œuvres d’art militantes accrochées au plafond attirent immédiatement l’attention. L’espace sonore  se partage quant à lui entre les narrations slammées qui jouent en fond et les échos des documentaires en cours.

La disposition des documentaires, en cercle le long des murs de la pièce, chacun dans leur petit kiosque ouvert, donne une impression de foire du militantisme contemporain. Chacun des kiosques permet à la fois de s’asseoir pour écouter l’entrevue (avec voix et sous-titres) et de  lire simplement le panneau explicatif (bilingue) qui contiennent généralement aussi une citation marquante du mouvement. Une photo en gros plan de chaque protagonistes tenant un feu de Bengale présente chaque documentaire, que les visiteurs activent selon leurs désirs.

Un plus petit cercle intermédiaire est formé de panneaux couchés qui décrivent les autres causes importantes pour lesquels une entrevue n’a pu être réalisée. Enfin, un grand comptoir circulaire au centre permet de visualiser la ligne de temps.

Mais l’exposition ne s’arrête pas là. Il y a une partie interactive. Hugo Latulippe invite en effet les citoyens à écrire vos mots-flambeaux et idées géniales pour un monde futur.

Au terme de cette année à se tempêter d’idées, le cinéaste Hugo Latulippe pigera dans la marmite de notre intelligence collective pour composer les 25 articles de La légende du monde futur. Vous deviendrez alors coauteur de cette constitution que vous pourrez acheminer à vos élus des quatre coins du pays, des quatre coins du monde. Accéder à La légende du monde futur : legendemondefutur.mcq.org

Vous pourrez visiter l’exposition au musée de la civilisation de Québec jusqu’au 12 mars.

***

Comme l’an passé, j’ai participé au défi du Fil rouge,qui suggère de livre un livre québécois par mois, suivant une thématique mensuel. Voici le résultat de mon année littéraire québécoise.

Janvier un roman jeune adulte: Javotte  de Simon Boulerice. J’adore cet auteur, mais je n’avais pas encore lu Javotte, ce premier roman qui explique pourquoi la belle-soeur de Cendrillon est si méchante. Puisque que l’histoire se situe à notre époque (et vu les critiques), j’avoue que je m’attendais à pire.

J’ai aussi apprécié Paysages aux néons, bien que moins que Jeanne Moreau a le sourire à l’envers, dont il est la suite. Simon Boulerice excelle à raconter les gens ordinaires et à parsemer la culture dans des lieux inattendus.

Février un roman d’amour: Golden Square Mile: lamento de Maxime Catelier.
Traversée poétique d’une peine d’amour… Personne n’a dit que l’amour devait toujours être  heureux…

Mars un roman écrit par une femme: Nirlit de Julianna Léveillé-Trudel. Oie sauvage qui enseigne aux enfants du Grand Nord une partie de l’année avant de revenir au Sud, l’auteure nous offre une fiction fortement inspirée d’histoires réelles. Portrait d’un monde à la fois dur et magnifique.

Avril une première parution: Anabiose de Claudine Dumont. Mon coup de cœur de l’année. Je l’ai dévoré en une seule soirée (il faut dire que le roman est plutôt court). Le rythme rapide et introspectif nous tient en haleine jusqu’à ce qu’on sache enfin pourquoi l’héroïne s’est réveillée dans cette cellule.

Mai une bande dessinée: Apnée de Zvianne. Je ne saurai que trop recommencer l’ensemble de l’oeuvre, mais ce retour tout doux sur une période dépressive est vraiment venu me chercher.

Juin un recueil de poésie:Femmes rapaillées. Collectif de 41 poétesses québécoises, il s’agit d’une bonne initiation  pour ceux et celles comme moi qui n’y connaissent pas grand-chose.

Juillet un album jeunesse: Même pas vrai! de Larry Tremblay. Le petit narrateur nous partage ces réflexions à travers des reportages imaginaires. Un gros livre illustrés et faciles à lire qui amusera adultes et enfants.

Août au choixSoleil de David Bouchet. Un jeune immigrant sénégalais curieux et sensible rencontre une voisine aux yeux étranges tandis que son père creuse son trou dans la maladie mentale. Une histoire simple, profonde et lumineuse malgré tout.

Septembre une pièce de théâtre: Les fées ont soif de Denise Boucher. Le parfait exemple du féminisme des années 70 au Québec. J’avoue néanmoins que l’imaginaire de la mère, la pute et la vierge n’est pas encore bien loin.

Octobre un classique: Kamouraska d’Anne Hébert. Roman de trahison, d’amour et de meurtre au féminin à une époque qui semble bien lointaine.

Novembre un essai: Kuei, je te salue: conversation sur le racisme de Denis Ellis Béchard et Natasha Kanapé Fontaine. Cet échange de lettres a été inspiré par une tentative de discussion avec une certaine dame connue qui avait refusée d’écouter l’auteure innue lors d’un salon du livre. Les deux auteurs ont alors commencé à partager leurs réflexions sur le racisme par correspondance. Un recueil qui pose plus de questions qu’il n’y répond, mais qui apparaît essentiel en ces temps de réconciliation autochtones. Comme quoi réflexions valent souvent mieux que réactions à chaud.

Les paysages clandestins: métaphores et trompe-l’oeil de l’économie de Ianik Marcil. Essai sur notre tendance à refuser de critiquer notre système économique. Une lecture utile, mais que j’ai néanmoins trouver quelque peu aride, surtout dans le premier chapitre.

Décembre un roman publié en 2016S’enfuis: récit d’un otage de Guy Delisle. Je triche un peu, puisqu’il s’agit davantage d’un roman graphique que d’un roman. J’avoue avoir été sceptique en voyant l’épaisseur du livre. Je ne croyais pas qu’il faudrait autant de pages pour raconter une histoire dans laquelle il ne se passe somme toute pas grand chose. J’ai été confondue. L’oeuvre est sensible, efficace et incroyablement réaliste. Du grand art comme toujours avec Delisle.

 

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À propos de l'auteur : Geneviève Malenfant

Je suis originaire de l’Abitibi et j’ai fais mes études à Montréal. J’habite Rivière-du-Loup depuis presque 5 ans. Je travaille comme audiologiste (je fais des tests d’audition). Je m’implique auprès des Pétroliques anonymes, un organisme qui lutte conte la dépendance au pétrole, parce que je crois fermement que la meilleure façon de faire faire au plus grand défi de notre ère, c’est ensemble. Je tiens une chronique de littérature jeunesse dans la Rumeur du Loup parce qu’aimer lire, c’est savoir trouver le bon livre, et qu’aimer lire permet d’ouvrir toutes les portes de la vie. Je participe régulièrement au Cabaret Kérouac et j’assiste à de multiples événements culturels parce que la culture, c’est la vie à son meilleur! Je vais donc vous entretenir en vrac des sujets qui me tiennent à cœur: la protection de l’environnement, la promotion de la santé, la culture sous toutes ses formes, l’implication citoyenne, le féministe, etc. Au plaisir de jaser avec vous!
Cet article a été publié sous le thème Arts, culture et patrimoine, Sociales et communautaires.
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