J’ai toujours voulu faire du camping, j’imagine qu’il faut aimer un peu la misère noire! Je n’ai pas eu l’occasion d’en faire souvent auparavant mais j’ai pu en apprécier les vertus cet été avec mes quatre fils! Quelles formidables expériences nous avons partagées!
Bien sûr, je ne parle pas de camping de luxe avec motorisé. Ce n’est pas l’idée que j’ai du camping. D’autre part, je n’ai jamais compris pourquoi certains apportent un téléviseur, une console de jeux, ipod, ordinateur ou autre gadget électronique. Je cherche justement à sortir de notre confort quotidien, reprendre contact avec la nature sans tous ces bidules qui envahissent nos vies. En plus d’être une activité abordable, camper en famille nous permet de partir à l’aventure, d’expérimenter un autre rapport au temps. Écouter le bruit des vagues, observer les oiseaux, les animaux, trouver des coquillages et des moules à marée basse, marcher en forêt, faire des châteaux de sable, faire trempette et somnoler sur la plage… Le soir venu, on sort les chandelles et le bon vieux jeu de cartes et on s’invente des histoires autour du feu! La vraie vie quoi!
Bien sûr, il faut bien se préparer et se contenter du minimum, surtout lorsqu’on fait du camping rustique! Le défi a commencé au moment de tout placer dans ma petite mazda 3, fort heureusement coiffée d’un porte-bagages emprunté. Tous les morceaux deviennent des pièces d’un casse-tête qui doivent s’emboîter parfaitement. Pas d’espace à perdre! Chaque membre de l’équipage a sa petite idée sur l’assemblage, ce qui donne parfois des échanges musclés! Un petit trou entre deux sacs de couchage peut très bien loger un soulier, mais bonne chance pour retrouver l’autre! Une fois les cinq membres de l’équipe bien entassés, la petite voiture doit nous conduire à destination! Il n’est pas nécessaire d’aller bien loin pour créer un dépaysement. Au Bas-Saint-Laurent, les endroits magnifiques ne manquent pas! www.bassaintlaurent.ca/fr/dormir/tous/campings
Bien sûr, la tension monte à l’occasion entre nous surtout au moment de dormir coude à coude dans une petite tente. Comment pourrait-il en être autrement? Une ou plusieurs nuits de pluie peuvent compliquer bien des choses si l’eau s’infiltre sous les matelas… Inévitablement, dans ces moments là, on se demande si l’idée était si bonne! Il y a certes des imprévus, des pépins qu’il faut résoudre et il nous faut faire preuve de débrouillardise. Chacun participe au transport des bagages, à l’installation du campement, à la préparation des repas et à la corvée de vaisselle. Étonnamment, la routine s’installe beaucoup mieux qu’à la maison!
Au-delà de la découverte de magnifiques endroits, le camping nous permet de resserrer nos liens et de partager ensemble des moments mémorables faits de fous rires, de blagues et de gaffes. Quels beaux souvenirs nous rapportons dans nos bagages!
N’hésitez pas à nous partager vos propres aventures et vos beaux souvenirs de camping, ce sera un plaisir de vous lire!



Je reconnais ton sens de l’organisation et l’esprit de famille!
C’est toujours agréable de te lire.
Jeannine.
Superbe article.. (les photos aussi sont superbes !!)
Souvenir de camping… J’en ai beaucoup, mais un qui m’a marqué s’est gravé dans ma mémoire dans le parc de la Vérendrye, que nous avons pas mal fréquenté dans les années 80.
Bien installés sur un site enchanteur, face au lac, nous voyons débarquer un beau matin un groupe de membres des Premières nations qui se mettent à inspecter l’espace autour de nous sous l’oeil vigilant d’une Mère noble et grave qui observe attentivement le site.
Au bout d’un moment, la Mère fait un signe et les hommes se mettent au travail. En deux temps, trois mouvements, des arbres sont sélectionnés, abattus, ébranchés, écorcés et assemblée en une magnifique maison improvisée. L’air embaumait l’épinette, les troncs brillaient au soleil, nous étions sans voix devant l’expertise et l’efficacité de l’équipe de travailleurs! Dans la forêt, aucune trace du travail des bûcherons. Ils avaient choisi les arbres minutieusement, sans affecter le couvert forestier.
La Mère était de notre avis, semble-t-il, puisqu’elle a approuvé l’ouvrage et tout le monde est reparti comme ils étaient venus. Non sans nous avoir avisés que le lendemain matin commençait le pow-wow annuel et que les Blancs n’étaient pas invités. Heureusement pour nous, notre séjour tirait sa fin et le lendemain matin, nous levions le camp. Nous nous étions installés sur un site traditionnel amérindien sans le savoir.
On aurait pu s’indigner devant la manière un peu cavalière dont on nous a fait comprendre que nous étions dans leurs jambes. On aurait pu chiâler qu’«on sait ben, y se prennent pour les boss des bécosses». On aurait pu se plaindre à l’accueil. On aurait pu… Mais franchement, on avait assisté à une tranche de vraie vie trop impressionnante pour être mesquins. Le choix de l’emplacement par l’aïeule, son autorité tranquille et naturelle sur les hommes, le savoir-faire des travailleurs dans un milieu qu’ils connaissent intimement, le parfum des arbres fraîchement coupés, la beauté de l’ouvrage accompli, et nous, témoins de tout ça dans la beauté de la fin d’été avec le soleil sur le lac…
On n’a pas chiâlé, on a admiré en silence.
Merci pour vos commentaires, Jeannine Viel et Camping man. Et merci aussi Éliane Vincent pour cette belle histoire tout à fait hors de l’ordinaire! Comme quoi les surprises peuvent être au rendez-vous!