On est pas pire, quand même!?

On dirait que, depuis quelques années, nos milieux se redécouvrent! Même si on désespère parfois de constater que le Bas-du-fleuve se trouve loin des grandes productions artistiques et culturelles, loin des boutiques et restaurants spécialisés, loin de tout ce dont « les autres » peuvent profiter. Il me semble que certains comportements nouveaux apparaissent, que nous acceptons de redécouvrir nos potentiels et notre créativité, que nous y prenons goût même.

Production

À titre d’exemple, de plus en plus nous nous ouvrons sur nos petits producteurs, maraîchers ou autres, qui prennent le temps de nous rencontrer dans les nouveaux marchés publics qu’on voit apparaître dans nos milieux. Ce faisant, ces derniers poussent l’audace jusqu’à nous faire découvrir nombre de produits moins connus qui se retrouvaient rarement dans les potagers familiaux ou sur les tablettes de nos épiceries. Et nous nous y laissons prendre, probablement grâce à la confiance que nous plaçons dans cet ami-producteur.

Transformation

D’autres se lancent dans la transformation à petite échelle et ne cessent de nous impressionner par la qualité et l’originalité de leurs fromages, Fromagerie Le Mouton blanc

de leurs vinaigres ou de leurs gelées. Il est triste cependant de constater que plusieurs d’entre eux soient davantage reconnus par les touristes de passage que par leurs propres concitoyens; mais le vent est peut-être en train de tourner progressivement.

Culture

Sur le plan culturel, je suis impressionné par le nombre croissant d’initiatives permettant à des artistes locaux de se produire durant l’été sur des scènes extérieures réduites à leur plus simple expression, mais dans des sites combien enchanteurs. Et là, je ne parle pas d’orchestres rock ou « métal », mais de musiciens classiques, de chansonniers, de chorales, etc. Et ça marche!! Pas de prix d’entrée : on passe le chapeau, comme autrefois. Et que dire des symposiums de peinture qui ont stimulé la créativité de tant de nouveaux artistes visuels? et des conférences hebdomadaires organisées durant l’été par le comité culturel de Saint-Roch-des-Aulnaies, mettant à contribution les compétences et expertises de gens des environs?

À nous de choisir!

Si nous acceptons avec un enthousiasme grandissant de soutenir la créativité et les initiatives de nos concitoyens ruraux, peut-être contribuons-nous en même temps à redynamiser nos campagnes et à redonner espoir à ceux qui ont choisi d’y vivre? Bien sûr, les Walmart, MacDonald et Madonna auront toujours un pouvoir d’attraction démesuré; mais devons-nous pour autant accepter qu’on boude éternellement les talents des créateurs et producteurs de nos régions, même si elles sont rurales?

Vous aurez constaté que j’ai choisi mes exemples dans le Kamouraska, par pur chauvinisme. J’imagine que, si vous faites le même constat, vous oserez me relancer avec ce qui se passe chez vous. N’hésitez pas, vos commentaires sont bienvenus!

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À propos de l'auteur : Gaston Lagacé

Mon travail d’organisateur communautaire dans la MRC de Kamouraska m’a amené à soutenir diverses mobilisations citoyennes (communautés en dévitalisation, défense des droits sociaux, actions face à la pauvreté, mouvements communautaires, etc.). J’ai aussi été actif dans le mouvement syndical et au niveau du développement local. Même si je n’ai vraiment aucune expérience dans le monde du blogue, j’ai le goût d’explorer les potentialités de cet outil face au développement d’une réflexion propre à nos communautés rurales dans le KRTB et le Bas-St-Laurent.
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L'auteur(e) de cet article :

Développons ensemble une réflexion propre à nos communautés rurales dans le KRTB et le Bas-St-Laurent.

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5 commentaires

  1. avatar Par : Raymond Cadrin

    Tu as raison Gaston de constater toutes ces nouvelles initiatives qui revitalisent et créent de la vie dans nos milieux! Il faut effectivement apprécier celles-ci et les encourager.
    Bon été! et bonnes découvertes à tous les niveaux

  2. En effet , nous nous sommes transformateurs non originaires de ce beau coin de pays qu’est le kamouraska, et nous constatons quotidiennement que la demande pour des produits de qualité est bien réelle. Mais il faut bien l’avouer certains nous ont dit que c’est un comportement très nouveau ici en région et qu’il y a ne serait-ce qu’une dizaine d’années en arrière, nos produits n’auraient peut être pas eu un si bel accueil ! Alors soyons positif, les choses vont dans le bon sens celui de l’attachement à un terroir, de la fierté de nos produits de qualité et personne ne s’en plaindra !

    • avatar Par : Gaston Lagacé

      Merci pour ton commentaire! Ce sont aussi des gens comme vous qui choisissez notre coin de pays, non seulement pour y habiter, mais aussi pour contribuer à notre évolution culturelle et… alimentaire! Merci d’apporter votre (je devrais dire VOS!)couleur dans notre région!!

  3. Oh! que c’est bon de te lire, cher Gaston

    En ce qui me concerne, et grâce à Bio-bulle, je dois l’avouer (merci pour la plogue!) j’ai vu depuis 15 ans monter cette soif des citoyens pour les produits qui viennent du gars-d’à-côté, ce désir de connaître ceux qui nous nourrissent et comment ils procèdent.

    J’étais hier à la conférence d’Hélène Raymond qui se donnait à Saint-Denis dans le cadre du Grand salon des produits régionaux. Mme Raymond nous expliquait que cette soif grandit partout, de l’Europe aux Amériques et sûrement ailleurs aussi dans les pays industrialisés. Et elle était là aussi dans le public qui visitait les producteurs présents au salon, comme dans toutes les expos que je fréquente, en ville ou à la campagne.

    Je ne sais pas si nous aurons le temps d’élargir cette soif et ce plaisir du local, si nous serons assez nombreux pour renverser une situation planétaire qui frise la catastrophe, mais je sais que je veux être de ceux-là, que «petit, c’est mieux» et que c’est en connaissant ses voisins qu’on est le plus heureux.

    Soyons nombreux à en parler, partout, dans toutes les cultures, celle de la bouffe comme celle de l’esprit, quand il s’agit de s’amuser ou de se meubler, de manger ou de s’habiller. Les talents sont partout, tout près, il s’agit juste de décider d’en profiter!

    • avatar Par : Gaston Lagacé

      C’est vrai Éliane qu’il est inquiétant de se demander « si nous serons assez nombreux pour renverser une situation planétaire qui frise la catastrophe ». La puissance du « 1% » qui décide de tout est sans commune mesure! Cependant il y a de l’espoir dans ce « 99% » qui commence à se mobiliser un peu partout sur la planète: les uns en contestant ouvertement (même si pas toujours stratégiquement) ces monopoles, les autres en travaillant activement à bâtir des alternatives à petite échelle (productions équitables, petites coops de production…). Le fait que les monopoles tentent régulièrement de copier ces initiatives « pour faire semblant » porte à croire que ces actions modestes marquent peut-être des points. Plus nous serons nombreux à les soutenir, plus le poids de nos plumes contribuera à rapprocher la balance de son point d’équilibre.

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