Mai, mois de l’arbre et des forêts. En avez-vous entendu parler? Une campagne de sensibilisation que je considère importante, je dirais même essentielle. Voilà enfin une initiative positive pour valoriser nos forêts qui vient compenser les vieux discours défaitistes et les commentaires idéologiques du genre : ‘Nous n’avons plus d’arbres, ils ont tous coupé, la forêt ne vaut plus rien’. Je vous invite, à l’instant même, à réfléchir à la question suivante : la forêt, cela signifie quoi pour vous? Cette richesse naturelle nous entoure, fais partie de nous, de notre patrimoine et nous procure de nombreux bienfaits à différents niveaux. Et de là l’importance d’y accorder plus d’attention, d’en être davantage conscient, de se responsabiliser, d’améliorer notre savoir et même, favoriser l’implantation d’une culture forestière.
La forêt au Bas St-Laurent
Ici, dans notre coin de pays, la forêt est toujours bien présente. Certes, elle a été dévastée à quelques endroits. Mais des travaux d’aménagements et de reboisements ont été et sont réalisés. Soyez attentif et observez bien lorsque vous vous promenez dans la belle région du Bas St-Laurent. De quoi est composé la majeure partie du paysage? La forêt! Celle qui met de la couleur dans nos vies, qui nous fait sentir libre, qui nous ramène à nous-mêmes, à nos racines, à notre patrimoine culturel lié à l’histoire forestière.
Selon la Commission régionale sur les ressources naturelles et du territoire du Bas St-Laurent, la forêt occupe 85,1 % (19 304 km2) de notre territoire. Cette richesse naturelle constitue un véritable levier économique pour nos régions. Et je ne parle pas seulement de la coupe de bois! Je fais référence aussi aux volets social et environnemental. Tel que le mentionne le ministère des Ressources et de la Faune, cette ressource est présente dans toutes les sphères de notre vie quotidienne, que ce soit par notre travail, nos loisirs ou encore par l’utilisation des milliers de produits dérivés de l’arbre. D’autant plus que les forêts sont tout aussi importantes pour le maintien de la biodiversité que pour la production et la consommation de produits forestiers non ligneux (PFNL).
La culture forestière
Le 8 mai dernier, j’assistais au colloque sur la culture forestière au Bas St-Laurent. Cette journée d’information et de consultation m’a fait prendre conscience de l’importance de développer une culture forestière, définie selon la CRRNT, comme un système de pratiques, de représentations, de croyances, de savoir-faire, de valeurs en lien avec les ressources forestières. Heureusement, des organismes existent pour stimuler l’intérêt. Citons à titre d’exemple l’Association forestière bas-laurentienne qui a pour mission d’éduquer les jeunes et de sensibiliser la population à l’importance sociale, environnementale, économique et culturelle de la forêt et de son développement durable.
Il reste beaucoup de travail à faire pour valoriser et développer la forêt. À mon avis, ceci relève de notre responsabilité à nous tous de partager nos idées et de réaliser individuellement et collectivement des actions concrètes. D’ailleurs, l’état devrait considérer qu’il y a urgence à déployer des stratégies efficaces et efficientes pour donner une valeur ajoutée à la forêt. Beaucoup d’énergies sont mises sur le Plan Nord. N’y aurait-il pas lieu d’en mettre autant pour la forêt?
Ceci m’amène à conclure qu’il est grand temps pour nous de revoir nos façons de faire et de penser basés sur la ‘foresterie classique’. Comme le dit l’expression : ‘le nez trop collé sur l’arbre, nous ne pouvons voir la forêt’. Mais voilà que nous nous retrouvons à la croisée des chemins. Éloignons notre nez de l’arbre pour mieux voir la forêt. Que pouvons-nous faire pour valoriser nos forêts et assurer leur développement durable?

Uen forêt en santé est une source inépuisable de bienfaits pour les humains. Bienfaits psychologiques pour celui qui marche sa forêt en respirant profondément et en prenant conscience de son appartenance à toute la vie qui y règne; et, évidemment, bienfaits plus terre-à-terre pour tous ceux qui en vivent.
On a cru longtemps que le bois était la seule ressource que la forêt pouvait offrir aux humains. Heureusement, en quelque sorte, la déforestation massive et les coupes à blanc nous ont fait réaliser que la forêt recèle beaucoup d’autres trésors. Et on s’y est mis! Partout au Québec, des projets originaux et pérennes sont en marche, qui assureront le bien-être des citoyens et longue vie à la forêt en tant qu’écosystème.
Je vais m’autoriser d,une petite «plogue», parce que le sujet est pertinent : Bio-bulle, magazine spécialisé dans le mode de vie bio, a publié en octobre 2011 un très bon dossier sur «Les trésors de la forêt». En voici une partie, pour les intéressés :
Merci Éliane. Ton point de vue me rejoint. Dommage que les liens de référence n’apparaissent pas. Cela semblait très intéressant. Au plaisir!
Oups, je voulais mettre un lien vers un pdf pour illustrer mon propos, mais sans succès, hélas. Désolée!
Je peux fournir le dossier en format pdf à quiconque en fera la demande!
Bonjour Mme Roy,
J’étais aussi présente au Colloque sur la culture forestière et je suis contente que vous en fassiez mention puisque la forêt est omniprésente au Bas-St-Laurent, alors ça nous concerne tous.
Pour répondre à votre question finale sur ce que nous pouvons faire pour valoriser nos forêts, je veux tendre une petite perche. Je pense réellement que cette valorisation passe par la sensibilisation et l’éducation des jeunes et du grand public. Même si les gens habitent de plus en plus en ville, il faut continuer à faire vivre la forêt aux jeunes et moins jeunes, pour qu’ils se raccrochent à cet élément fort de notre région.
Aussi, c’est important de rappeler aux jeunes et moins jeunes qu’on doit protéger la forêt, mais attention : protéger ne veut pas dire de ne plus récolter de bois. La forêt c’est un écosystème vivant comparable à un jardin où la récolte est la fin du cycle. Alors il faut simplement que les gestionnaires forestiers continuent à se soucier de ne pas récolter plus d’arbres que ce que les écosystèmes peuvent supporter afin de perpétuer la forêt pour les générations futures. C’est le principe même du développement durable.
Bon alors comme mot de la fin, la forêt est si belle au Bas-St-Laurent, profitez-en donc pour la revisiter en famille cet été!
J’espère que des urbains prendront aussi le temps de lire ton texte! Une bonne part des communautés du Bas-St-Laurent doivent leur origine à la forét: volà pourquoi elle n’est pas seulement belle, mais précieuse dans la vie de notre région. Alors quand nos organismes sylvicoles de gestion en commun doivent continuellement se débattre avec les autorités gouvernementales pour le renouvellement du financement de leurs travaux d’aménagement, peut-être que certaines priorités urbaines deviennent « l’arbre qui cache la forêt »… Ouff! La situation a été encore une fois sauvée pour cette année; mais ça devient épuisant de devoir refaire ces démonstrations aussi fréquemment!
Merci pour cette réflexion!